La première carte génétique de l'obésité sévère établie grâce aux puces à ADN

Selon une étude parue dans Nature Genetics, des chercheurs français ont identifié trois nouveaux gènes associés à l’obésité et à la prise de poids.

Menée en collaboration avec des chercheurs finlandais, suisses, canadiens et allemands, cette étude a permis d’établir la première « carte génétique » de l’obésité sévère grâce aux puces à ADN et ouvre la perspective de nouveaux traitements.
L’équipe française de Philippe Froguel (CNRS) et David Meyre (Inserm) associée à leurs collègues britanniques de l’Imperial College ont balayé le génome entier de 2.796 volontaires français dont 1.380 avaient une obésité familiale sévère, comparés à 1.416 sujets minces grâce à la technique des puces à ADN. Par la suite, 38 mutations génétiques susceptibles d’entraîner l’obésité ont été analysé chez 14.000 individus européens

Trois nouveaux gènes associés au risque d’obésité sévère

Résultat : tout d’abord la confirmation du rôle majeur des gènes FTO et MC4R dans la susceptibilité à l’obésité et à la prise de poids. Ces deux gènes agissent via un contrôle du comportement alimentaire. Les chercheurs ont par ailleurs réussi à identifier trois nouveaux gènes associés au risque d’obésité sévère et à la prise de poids : MAF, PTER et NPC1. Un autre gène (PRL), associé plus spécifiquement à l’obésité chez l’adulte, produit la prolactine, une hormone qui joue un rôle dans le contrôle de la prise alimentaire.

Les causes génétiques de l’obésité

Complétant les approches génétiques menées auprès des populations générales, ces travaux révèlent que l’étude des formes familiales d’obésité sévère est particulièrement utile pour comprendre les causes génétiques de l’obésité. Ils démontrent le rôle fondamental du comportement alimentaire dans la régulation et l’évolution de la corpulence humaine et dans la survenue des obésités sévères de l’enfant. Ces résultats devraient permettre à plus long terme l’identification précoce des enfants les plus à risque d’obésité ainsi que la mise en place de stratégies médicales préventives et thérapeutiques personnalisées.
Source : CNRS