Antiépileptiques et grossesse : l’ANSM met en garde contre plusieurs molécules

Dans un rapport publié ce jeudi, l’Agence du médicament (ANSM) vient de livrer une analyse des données disponibles sur le risque de malformations et de troubles neuro-développementaux chez les enfants exposés pendant la grossesse, pour l’ensemble des antiépileptiques commercialisés en France, en complément de celle déjà menée pour le valproate.

L’analyse réalisée par l’ANSM détaille pour chaque antiépileptique les risques potentiels, avérés ou non, identifiés au regard des données actuellement disponibles et permet de les hiérarchiser en fonction du niveau de risque de malformations.

« Cette analyse confirme que le valproate est l’antiépileptique le plus à risque. Concernant le risque de troubles neuro-développementaux, les données restent actuellement limitées pour les antiépileptiques autres que le valproate et ne permettent pas, à ce stade, de conclusion définitive », indique l’agence.

« Ainsi, outre le valproate qui est l’antiépileptique entraînant le plus de malformations, cinq autres substances présentent à ce jour un risque de malformation élevé par rapport à la fréquence observée dans la population générale : le topiramate, le phénobarbital, la primidone, la carbamazépine et la (fos) phénytoïne », poursuit l’ANSM dans un point d’information.

Par ailleurs, l’ANSM appelle à « la vigilance sur l’utilisation de la prégabaline (Lyrica et génériques) étant donné le risque malformatif potentiel et sa prescription importante en France ».

Enfin, les données actuellement disponibles ne montrent pas d’augmentation de la fréquence des malformations pour la lamotrigine et le lévétiracétam.

« En dehors du risque avéré de troubles neuro-développementaux lié à la prise de valproate au cours de la grossesse, les données sur ce type de risque restent actuellement limitées pour les autres antiépileptiques et ne permettent pas, à ce stade, de conclusion définitive ».

L’ANSM publie à cette occasion  des recommandations à l’intention des femmes en âge d’avoir des enfants et traitées par un antiépileptique. « Si vous êtes enceinte, consultez votre médecin qui vous indiquera si vous devez modifier votre traitement » et  « si vous envisagez une grossesse, consultez votre médecin pour réévaluer votre traitement avant d’être enceinte », indique l’agence.

« Dans tous les cas, n’arrêtez pas et ne modifiez pas votre traitement sans avis médical. Votre traitement doit être réévalué par un professionnel de santé régulièrement même en l’absence de projet de grossesse », poursuit-elle en rappelant de contacter son médecin ou son pharmacien en cas de questions.

Source : ANSM