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Obésité : des scientifiques soulèvent la piste de la salive

Selon une équipe de chercheurs du CNRS (1), l’amylase, une enzyme présente notamment dans la salive, jouerait un rôle clef dans le développement de l’obésité.

« L’amylase salivaire (AMY1) est un gène présent de manière répétée chez l’espèce humaine et pouvant varier de une à vingt copies en fonction des individus. Une diminution du nombre de copies de ce gène servant à digérer les sucres complexes (amidons) favorise l’obésité. », expliquent les chercheurs.

En effet, les chercheurs montrent que les personnes qui ont le plus petit nombre de copies d’amylase salivaire (et ainsi peu d’enzyme amylase dans leur sang) ont un risque multiplié par 10 de devenir obèses. Chaque copie de ce gène en moins augmente de 20% le risque d’obésité. Ces travaux, publiés le 30 mars 2014 dans Nature Genetics, démontrent pour la première fois le lien génétique entre la digestion des glucides complexes et l’obésité.

« Il existe 2 formes d’amylase, l’une produite par le pancréas et l’autre par les glandes salivaires et seule la forme salivaire semble associée à l’obésité », soulignent les chercheurs. « On ne connait pas encore pourquoi la déficience en amylase salivaire favorise l’obésité : deux hypothèses sont envisagées. D’une part la mastication des aliments et leur digestion partielle dans la bouche pourrait avoir un effet hormonal entraînant la satiété qui serait diminuée en cas de déficience en AMY1. D’autre part, la mauvaise digestion des amidons pourrait modifier la flore intestinale et ainsi contribuer indirectement à l’obésité voire au diabète (…) » ,poursuivent-ils.

Selon les scientifiques, ces résultats ouvrent une piste nouvelle de la prédisposition génétique à l’obésité passant par la digestion des glucides complexes et leur action sur la flore bactérienne de l’intestin. Ils ouvrent des perspectives importantes de prévention et de traitement plus efficaces de l’obésité prenant en compte la digestion des aliments et leur devenir intestinal.

 Source : CNRS

(1) Les travaux ont été réalisés par l’équipe franco-britannique coordonnée par le professeur Philippe Froguel du laboratoire Génomique et maladies métaboliques (CNRS /Université Lille 2/Institut Pasteur de Lille) et Imperial College London, en collaboration avec des chercheurs anglais, suédois, qataris et de Singapour. Côté français sont aussi impliqués des laboratoires rattachés à : l’Inserm, l’Université Paris-Sud, l’Université Paris Diderot, l’Université de Lorraine ainsi que le CHRU de Lille et l’AP-HP.

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31 mars 2014