Si les Français ont globalement une bonne connaissance et une bonne opinion de la vaccination, cependant, certaines questions, craintes et idées reçues persistent. Pourquoi se faire vacciner ? La vaccination, comment ça marche ? Quels sont les risques ? A l’occasion de la Semaine Européenne de la Vaccination qui se déroule du 26 avril au 2 mai 2011, l’Inpes donne les réponses.

Comment la vaccination protège-t-elle des maladies ?
L’objectif de la vaccination est de nous protéger de certaines maladies infectieuses qui peuvent être graves voire mortelles (la rougeole, la coqueluche, la méningite à pneumocoque…). En recevant un vaccin, c’est-à-dire un microbe rendu inoffensif, le corps humain stimule ses défenses et fabrique des anticorps pour l’éliminer. Notre organisme mémorise la réaction qu’il doit développer pour se défendre et se protéger de la maladie si le microbe actif se présente.

Pourquoi se faire vacciner ?
La vaccination est un geste de prévention indispensable dont l’intérêt est double. C’est souvent la seule façon de se protéger contre des maladies infectieuses pour lesquelles il n’y a pas de traitement. Se faire vacciner sert à se protéger individuellement des maladies, mais c’est aussi un geste dont l’intérêt est collectif : en améliorant la couverture vaccinale (c’est-à-dire le pourcentage de la population vaccinée pour une maladie donnée) on évite la propagation des maladies à ses proches et on réduit le risque d’épidémie à ceux qui ne peuvent être vaccinés car ils sont trop petits ou souffrent d’affection contre-indiquant la vaccination.
L’épidémie de rougeole que connaît la France depuis 2008 aurait sans doute pu être évitée si la couverture vaccinale était suffisante (95 % de personnes éligibles à la vaccination, c’est-à-dire ayant de 2 ans jusqu’à 31 ans, vaccinées avec deux doses).

Est-on vacciné une fois pour toutes ?
Pas toujours. Si pour certaines maladies la protection dure toute au long de la vie, ce n’est pas le cas pour d’autres qui nécessitent des rappels réguliers. Pour plus d’informations, il suffit de se référer aux indications du dernier calendrier vaccinal, d’en parler à cette occasion à son médecin, sa sage-femme ou de demander conseil à son pharmacien.

La vaccination comporte-t-elle des risques ?
Certains vaccins peuvent provoquer des réactions (douleur au point d’injection, fièvre, etc.) le plus souvent mineures. En revanche, les maladies contre lesquelles ils protègent peuvent avoir des conséquences beaucoup plus graves.
Il existe des cas de contre-indication que le médecin identifiera au moment de la visite.

La vaccination affaiblit-elle les défenses immunitaires ?
Non. Le mécanisme est le même que lors d’une infection, mais avec la vaccination, la rencontre avec le microbe rendu inoffensif ne donne pas lieu à une maladie. Au contraire, elle permet à notre organisme de générer des anticorps pour se défendre lorsqu’il rencontre le microbe actif.

Pourquoi certaines vaccinations sont-elles obligatoires et d’autres seulement recommandées ?
Les vaccinations obligatoires sont la diphtérie (depuis 1938), le tétanos (depuis 1940) et la poliomyélite (depuis 1964). Elles ont été inscrites dans la loi française pour protéger la population de manière sûre, rapide et efficace à une époque où les maladies infectieuses constituaient la première cause de mortalité. Depuis,la fin des années 1960, on a assisté à une demande croissante de la population à participer aux décisions concernant sa santé. Cette évolution de notre société a orienté les autorités de santé vers la recherche d’une adhésion volontaire à la vaccination. Aucun des nouveaux vaccins n’a depuis été rendu obligatoire pour la population générale. Cela ne signifie pas que le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, comme tous les autres vaccins recommandés, soit moins utile ou moins efficace que les vaccins obligatoires.

Le calendrier vaccinal définit chaque année les nouvelles recommandations en matière de vaccination.
Les vaccinations recommandées par le calendrier vaccinal ne sont, pas obligatoires à l’exception des vaccinations contre la diphtérie, la poliomyélite et le tétanos. Elles n’en sont pas moins tout autant importantes et nécessaires car, se faire vacciner ou faire vacciner son enfant, c’est éviter de nombreuses maladies qui sont toujours désagréables et fatigantes et peuvent être responsables de complications.

Où et par qui se faire vacciner ?
La grande majorité des vaccinations est effectuée par les médecins généralistes et les pédiatres. Les vaccinations peuvent aussi se faire :
– dans les centres de vaccination publics, (la liste des centres où la vaccination est gratuite est disponible dans les mairies, les Agences régionales de santé (ARS) ou le Conseil général du département) ;
– dans les centres de Protection maternelle et infantile (PMI) pour les enfants de moins de sept ans ;
– dans les services de médecine du travail ;
– dans les centres de vaccination pour les voyageurs ;
– par les infirmiers sur prescription médicale (depuis septembre 2008, les infirmiers peuvent vacciner, sans prescription médicale, certains patients contre la grippe à l’exception de la première injection) ;
– par les sages-femmes qui peuvent prescrire et réaliser certaines vaccinations.

En cas de menace d’épidémie, l’État peut être amené à organiser la vaccination de certains groupes ou catégories de population.

La vaccination est-elle gratuite ?
Oui et non.
La plupart des vaccinations (achat du vaccin et injection) mentionnées dans le calendrier vaccinal sont gratuites lorsqu’elles sont effectuées par les centres de vaccination du secteur public6. Si l’injection est réalisée par le médecin traitant ou par une infirmière, après prescription par le médecin traitant, elle est prise en charge par l’Assurance Maladie.
Depuis octobre 2010, l’Assurance maladie prend en charge à 100 % les deux doses du vaccin ROR pour les enfants jusqu’à 17 ans inclus . Le vaccin contre la grippe est gratuit pour les personnes de soixante-cinq ans et plus et pour les personnes souffrant d’affections chroniques (ALD).

Pour les autres personnes et les autres maladies, les vaccins suivants sont remboursés à 65 %, sur prescription médicale :

coqueluche ;
diphtérie ;
tétanos ;
rougeole ;
oreillons ;
rubéole ;
poliomyélite (ou polio) ;
tuberculose ;
varicelle ;
hépatite B ;
infections à haemophilus influenzae B ;
infections à papillomavirus humains (HPV) ;
infections à pneumocoque ;
infection invasive à méningocoque du sérogroupe C.

La partie restante est remboursée par les mutuelles.

Pensez à faire inscrire les vaccinations dans votre carnet de santé ou dans votre carnet de vaccination.

Source :Inpes/ Ministère de la Santé

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