Plomb, cadmium, arsenic inorganique ou encore acrylamide… L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation vient de réaliser la plus large photographie jamais réalisée des apports nutritionnels et expositions alimentaires aux substances chimiques de la population en France, en vue d’évaluer le risque à long terme de ces expositions.

Selon l’Anses, d’une façon générale, l’étude  confirme le bon niveau de maîtrise des risques sanitaires associés à la présence potentielle de contaminants chimiques dans les aliments en France, sur la base des seuils réglementaires et valeurs toxicologiques de référence disponibles.
Cependant, cette étude pointe également, pour certains groupes de populations, des risques de dépassement des seuils toxicologiques pour certaines substances telles que le plomb, le cadmium, l’arsenic inorganique ou encore l’acrylamide, nécessitant des efforts de réduction des expositions. Ces risques étant souvent associés à des situations de forte consommation d’un aliment ou groupe d’aliments donné, l’Anses rappelle l’importance d’une alimentation diversifiée et équilibrée en variant les aliments et la quantité consommée.

Des risques de dépassement pour une douzaine de substances


Pour une douzaine de substances, le risque de dépassement de VTR ne peut être exclu pour certaines catégories de la population, souvent caractérisées par une forte consommation de certains aliments spécifiques : c’est le cas de certains composés inorganiques (cadmium, arsenic inorganique, aluminium, méthylmercure), des sulfites (additif présent notamment dans le vin), d’une mycotoxine (deoxynivalénol, dit DON, et ses dérivés), de l’acrylamide (composé néoformé lors de la cuisson) et d’un pesticide (diméthoate). C’est également le cas pour le plomb et les PCB, malgré les baisses d’exposition constatées par rapport à la première étude EAT1. Ces constats sont cohérents avec ceux établis par d’autres organismes ayant évalué les risques liés à ces substances (EFSA, OMS).

Une alimentation diversifiée pour prévenir le risque de dépassement

certains aliments ont été identifiés comme contribuant de manière notable à l’exposition à plusieurs de ces substances pour lesquelles un risque ne peut être exclu. Il s’agit d’aliments fortement contaminés mais consommés en quantité significative par des populations très réduites (thon notamment). Mais il peut aussi s’agir d’aliments qui ne sont pas nécessairement très contaminés, mais qui sont très consommés. Ainsi, pour quelques substances, les contributeurs majoritaires sont par exemple les céréales et les produits qui en sont dérivés (cadmium, plomb, aluminium, DON et dérivés), le café chez les adultes (cuivre, arsenic inorganique et acrylamide) et, dans une moindre mesure, le lait chez les enfants (plomb, zinc).

” Les actions de gestion des risques afin de réduire les teneurs de ces contaminants dans les aliments principalement contributeurs (réglementation et actions auprès des filières) doivent être poursuivies”, notent les auteurs.

D’autres aliments contribuent fortement à l’exposition à certaines substances car ce sont les aliments présentant les plus fortes teneurs. C’est le cas des poissons gras, contaminés en dioxines et PCB, ou du thon, contaminé en méthylmercure. Pour ces aliments, il convient de respecter les recommandations de consommation de poissons émises par l’Anses. Ces recommandations permettent d’assurer une couverture optimale des besoins en nutriments tout en limitant le risque de surexposition aux contaminants chimiques.

Des risques d’excès ou de déficit de certains minéraux sur le plan nutritionnel : concernant le sodium, le risque d’apports excessifs ne peut être écarté pour la population générale. Il convient ainsi de poursuivre les efforts de réduction des apports, à travers une réduction des teneurs en sel des principaux contributeurs (pain et produits de panification sèche, charcuteries, fromage,…), en conformité avec les orientations du plan national nutrition santé.
Le risque d’insuffisance d’apports n’a pu être écarté pour le calcium, le magnésium, le fer, le sélénium, le cuivre et le zinc. Le risque d’apports excessifs ne peut être écarté pour le zinc et le cuivre.

Concernant les phyto-estrogènes, le risque peut être écarté pour la population générale. Néanmoins, il convient de mener des études spécifiques pour évaluer les apports des forts consommateurs de produit à base de soja.

Enfin, l’étude met en évidence la nécessité de développer les connaissances scientifiques aussi bien d’ordre toxicologique qu’analytique pour un ensemble de substances non réglementées à ce jour, mais présentes dans l’alimentation, et pour lesquels il n’est pas possible de conclure à ce jour en matière d’évaluation des risques

Source : Anses

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