Chez les adultes souffrant d’obésité, en particulier lorsqu’elle est associée à d’autres anomalies dites « métaboliques », le déclin des facultés cognitives lié à l’âge pourrait être plus rapide que dans le reste de la population. C’est ce que suggèrent les résultats d’une étude franco-britannique récemment parue dans la revue Neurology.

L’obésité est connue pour augmenter le risque de développer de nombreuses pathologies telles que le diabète de type 2, différentes maladies cardiovasculaires ou encore certains cancers. Plusieurs études ont en outre suggéré l’existence d’un lien entre l’obésité et les démences liées à l’âge. Pour en savoir plus sur ce lien éventuel, Archana Singh-Manoux (1) et ses collaborateurs ont analysé les données relatives à plus de 6 000 personnes âgées de 50 ans en moyenne au début de l’étude. Ces volontaires ont été suivis pendant dix années. Leur mémoire, leur capacité à raisonner et d’autres compétences cognitives ont été évaluées à trois reprises au cours de cette période.

Au sein de cette cohorte, 9 % des personnes étaient obèses et 38 % présentaient un surpoids. Environ 60 % des volontaires atteints d’obésité présentaient au moins deux anomalies métaboliques telles qu’une hypertension, une hypercholestérolémie ou encore un trouble de la glycémie.

Un déclin cognitif 22,5 % fois plus rapide

L’analyse de l’ensemble des données disponibles a montré que dans ce dernier sous-groupe de volontaires (obèses présentant des anomalies métaboliques), le déclin cognitif est significativement plus rapide que dans le reste de la cohorte : en dix ans de suivi, leur score aux différents tests cognitifs a diminué 22,5 % fois plus vite que celui des volontaires dont le poids est normal et qui ne présentent pas d’anomalies métaboliques. Une accélération du déclin cognitif, moins importante, a également été notée chez les obèses ne présentant pas d’anomalies métaboliques.

Reste encore à comprendre la nature du lien mis en évidence. Parmi les hypothèses à explorer, les chercheurs pensent aux pathologies vasculaires associées à l’obésité qui pourraient induire des altérations cérébrales, ou encore aux substances sécrétées par les tissus graisseux qui pourraient accélérer le vieillissement du cerveau.

Les chercheurs souhaitent en outre étudier l’impact de la durée de l’obésité et des anomalies métaboliques sur la vitesse du déclin cognitif : est-ce qu’être obèses quelques années de sa vie puis parvenir à récupérer un poids normal permet de retrouver une évolution standard de ses capacités cognitives ? Des travaux ultérieurs devraient permettre de le savoir.

Source : Inserm

A. Singh-Manoux et coll. Obesity phenotypes in midlife and cognition in early old age. The Whitehall II cohort study

Note :

(1) Unité Inserm 1018, Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations, Villejuif

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