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Superbactérie NDM-1 : doit-on avoir peur ?

Des souches d’entérobactéries dites « NDM-1 » [1] hautement résistantes aux antibiotiques ont été retrouvées notamment en Grande-Bretagne, en Belgique, au Canada, en Suède, aux Etats-Unis et en Australie chez des patients ayant été hospitalisés pour la plupart dans le sous-continent indien. Le seul cas en France date d’avril 2010 et concerne un patient français de retour après une hospitalisation en Inde. Il est simplement porteur et ne présente pas d’infection liée à la bactérie. Il reste hospitalisé pour une toute autre pathologie, précise le ministère de la Santé.

La revue The Lancet a publié le 11 août 2010 une étude [2] sur l’émergence et la diffusion de bactéries dites « NDM-1 » résistantes à toutes les ß-lactamines (pénicillines et céphalosporines) ainsi qu’à des antibiotiques très puissants, les carbapénèmes (à usage hospitalier). En France, quelques rares bactéries présentant une résistance similaire mais porteuse d’un gène autre que NDM-1 ont été mises en évidence de manière isolée depuis 2004 et deux épidémies nosocomiales d’une dizaine de cas chacune avec de telles bactéries sont survenues dans les six derniers mois. Dans la plupart des situations, le premier patient venait d’un hôpital étranger.

 Dans ce contexte, la Direction générale de la Santé a sollicité début 2009 l’avis du Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) en vue de définir les mesures de gestion permettant de réduire les risques d’émergence et de maîtriser la diffusion de tels micro-organismes hautement résistants et la survenue d’épidémie. Après l’avis du HCSP, les principales mesures qui vont être recommandées aux établissements et aux professionnels de santé sont les suivantes :
– mise en œuvre d’un dépistage de ces bactéries chez des patients ayant séjourné dans un hôpital étranger ;
– renforcement des mesures d’hygiène (mesures barrières, isolement septique, lavage antiseptique des mains, etc.) autour de tels patients ;
– renforcement de la surveillance nationale de la résistance à certains antibiotiques ;
– rappel des règles de bon usage des antibiotiques et information sur la résistance des micro-organismes aux antibiotiques

 Une utilisation trop large et inadaptée des antibiotiques en milieu hospitalier
L’émergence de bactéries résistantes aux antibiotiques est un phénomène qui est apparu pratiquement dès le début de l’utilisation de ces produits. Ces émergences sont souvent dues à une utilisation trop large et inadaptée des antibiotiques en milieu hospitalier mais aussi en ambulatoire [3]. Ces résistances peuvent aussi survenir lors du non-respect par le patient de la posologie et de la durée du traitement. Ces émergences de résistance aux médicaments anti-infectieux concernent tous les micro-organismes, bactéries et virus pour lesquels les exemples sont nombreux.
Le développement de nouveaux médicaments infectieux se poursuit mais ne peut être aussi rapide que la rapidité des micro-organismes à développer des résistances. Le bon usage des antibiotiques associé aux mesures d’hygiène reste primordial dans la lutte contre les agents infectieux.

[1] Le NDM-1 (New Dehli metallo-ß-1 lactamase) est un gène de résistance qui protège les bactéries de l’action d’une famille d’antibiotiques très puissants, les carbapenems, en plus de toutes les pénicillines et céphalosporines
[2] Karthikeyan K Kumarasamy et al. Emergence of a new antibiotic resistance mechanism in India, Pakistan, and the UK : a molecular, biological, and epidemiological study. The Lancet August 11, 2010. Johann D D Pitout. The latest threat in the war on antimicrobial resistance. The Lancet. August11, 2010
[3] ce qui a conduit à la constitution de comités hospitaliers en charge de la définition d’un bon usage de ces principes actifs mais aussi à des campagnes d’information du public sur ce sujet comme celle de l’assurance maladie

Source : Ministère de la Santé

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18 août 2010