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Chirurgie de l’obésité : « des progrès à faire » selon la HAS

Alors que les opérations de chirurgie de l’obésité ont doublé en France depuis 2010, un rapport publié mardi 11 octobre 2016 par la Haute Autorité de Santé (HAS) montre qu’une grande partie des patients ne bénéficierait pas d’une prise en charge préopératoire suffisante pour assurer la réussite de leur opération.

« Intervention lourde qui peut entraîner des complications et qui nécessite un suivi à vie, la chirurgie de l’obésité ne doit pas être proposée à tous les patients. Pour s’assurer du bien-fondé et du succès de chaque opération, différentes étapes doivent être respectées en amont : bilan médical et psychologique, information du patient, décisions concertées entre plusieurs professionnels », rappelle la HAS. Ainsi, depuis 2013, des indicateurs de qualité et sécurité de soins sont à disposition des professionnels de santé pour vérifier que toutes ces étapes ont bien été suivies.

En 2015, 172 établissements de santé sur les 501 établissements réalisant ce type de chirurgie et représentant près de la moitié des opérations de chirurgie bariatrique réalisées en France, ont participé, sur la base du volontariat,  au recueil des indicateurs de prise en charge préopératoire.

« Une prise en charge préopératoire qui s’améliore mais encore insuffisante »
Selon la HAS, « depuis la création de ces indicateurs il y a 3 ans, on constate que les résultats s’améliorent d’année en année et que les professionnels de santé s’en sont emparés pour améliorer leurs pratiques. Toutefois les étapes indispensables pour s’assurer de la pertinence et de la réussite d’une chirurgie ne sont pas systématiquement respectées pour chaque patient opéré ».

Ainsi, seulement 6 patients opérés sur 10 ont bénéficié à la fois d’un bilan de leurs comorbidités, d’un bilan endoscopique et d’une évaluation psychologique. De plus, seules les opérations de 4 patients sur 10 ont été décidées dans le cadre d’une concertation entre plusieurs professionnels et fait l’objet d’une communication au médecin traitant.

La HAS observe également que « les résultats varient fortement entre les établissements de santé, soulignant des pratiques très différentes d’une structure à l’autre, et que les Centres spécialisés de l’obésité (CSO) et leurs partenaires participants ont en moyenne des résultats supérieurs aux autres établissements ».
 
Une mesure de la qualité étendue à tous les établissements dès 2017

La HAS indique qu’à partir de l’an prochain, tous les établissements de santé français pratiquant des chirurgies de l’obésité devront participer à la mesure de la qualité de leur prise en charge préopératoire. « L’objectif est d’affiner la connaissance des pratiques sur tout le territoire et d’inciter tous les professionnels à s’évaluer et mettre en place des démarches d’amélioration conformes aux recommandations de bonnes pratiques », poursuit-elle.

Par ailleurs, la HAS, la Société Française et Francophone de Chirurgie de l’Obésité et des Maladies Métaboliques (SO.FF.CO.MM), la Fédération française de chirurgie viscérale et digestive (FCDV) et le Collectif National des Associations d’Obèses (CNAO) mènent une réflexion pour mesurer ces indicateurs à partir du registre national de l’obésité, qui mobilise déjà de nombreux professionnels. Informer les patients sur les objectifs et le contenu du registre pourrait en faire des partenaires actifs de leur sécurité.

Pour consulter le rapport : http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2674829/fr/prise-en-charge-preoperatoire-pour-une-chirurgie-de-l-obesite-chez-l-adulte-obe

Source : HAS

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11 octobre 2016