Dans un communiqué, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a poussé un “coup de gueule”, par la plume de son ancien président Jacques Lansac, contre les échographies commerciales destinées à donner aux parents les premières images souvenirs de leur enfant.

« Il suffit de cliquer sur Internet pour trouver des offres commerciales d’échographie pour les femmes enceintes. On leur propose, à Paris et dans 4 à 5 villes de province, pour des prix variant de 60 à 140 € des échographies en 3 ou 4 dimensions avec vidéo. L’exposition aux ultrasons du foetus est, pour les prestations les plus chères, de 25 minutes », explique le CNGOF qui souligne que “ces échographies n’ont aucune finalité médicale mais sont uniquement destinées à donner aux parents une vidéo anténatale de leur enfant”.

« Dans le cadre d’une échographie médicale, le faisceau ultrasonore est constamment déplacé et l’exposition aux ultrasons de chaque zone du foetus est brève. Ce n’est pas le cas dans une échographie commerciale où il est nécessaire d’exposer en continu aux ultrasons des parties localisées du foetus, en particulier le crâne et les organes génitaux », explique Jacques Lansac.

Quels risques pour le foetus
Les risques d’exposition prolongée aux ultrasons ne sont pas nuls, tout particulièrement sur le cerveau et l’oeil du foetus, surtout au premier trimestre, ou si la patiente a de la température. Il a été démontré que les ultrasons produisent sur les tissus humains, un effet thermique et un effet mécanique. Ces effets dépendent de la durée de la fréquence et de la puissance de l’exposition aux ultrasons. “Il est donc recommandé de limiter cette exposition au niveau le plus faible possible pour réaliser le meilleur diagnostic. Comme pour tout acte médical, il y a un bénéfice et un risque, si minime soit-il”, explique le Pr Lansac.

Le comité technique d’échographie a attiré l’attention des autorités sanitaires sur ce problème dès 2004. L’académie de médecine, en octobre 2004, a donné un avis défavorable concernant cette pratique. L’AFSSAPS a, le 25 avril 2005, donné un avis dans lequel elle recommande aux femmes enceintes de « ne pas exposer inutilement leur foetus aux ultrasons » et préconise de réserver les échographies foetales à un usage médical. “Un projet d’arrêté a été préparé pour modifier un texte datant de 1962 qui ne parle pas des ultrasons et pour cause, ils n’étaient pas utilisés encore en médecine !!!”, souligne le CNGOF.

« La Commission Nationale d’Échographie Obstétricale et Foetale interpelle sans succès les autorités sanitaires pour faire en sorte que seuls médecins et sages-femmes pratiquent les échographies foetales. Faudra-t-il attendre que l’on publie des cas d’effet délétère des fortes expositions des foetus aux ultrasons pour faire cesser ces pratiques commerciales ? », s’alarme le CNGOF

Source : CNGOF

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