Jeux de tirage, de grattage, PMU, paris sportifs… Une enquête publiée ce vendredi sur la «population concernée par le jeu problématique», menée en 2010 par l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation à la santé) et l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) (1) dresse le portrait robot du «joueur excessif».

Les jeux de tirage et de grattage, pour lesquels un apprentissage n’est pas ou peu nécessaire, sont les plus pratiqués par les joueurs actifs au cours de l’année : respectivement 75,0% et 62,2 % d’entre eux déclarent y avoir joué. Ces deux activités se situent loin devant le PMU qui se classe en 3ème position (23,2 %) ; viennent ensuite les machines à sous, le Rapido, les paris sportifs, le poker (8 %) et les jeux de table. Concernant le jeu sur Internet, illégal à la date de l’enquête, un peu moins d’un joueur actif sur dix (9,1 %) déclarait s’y être adonné.

Portrait robot
Ces joueurs actifs en ligne au moment de l’enquête, âgés pour près de la moitié, de moins de 35 ans (45,1 %) étaient huit fois sur 10 des hommes (81,6 %).  Au total, pour l’ensemble de la population française, on peut estimer que 0,9 % des individus (400 000 personnes) présentent un risque modéré et que 0,4 % sont des joueurs excessifs (200 000 personnes), soit 1,3 % de joueurs dits problématiques. La différence par sexe s’accroît avec l’intensité du jeu : les joueurs excessifs sont encore plus souvent des hommes que les joueurs actifs (75,5 % vs 62,7%) ; ils sont également plus jeunes (41 vs 47 ans).  La gamme de jeux qu’ils pratiquent est plus large que celle des joueurs actifs sans risque et ils jouent plus souvent sur Internet. Enfin, ils misent davantage : près de la moitié (47,0 % des joueurs excessifs) dépensent plus de 1 500 euros par an contre 7,1 % pour l’ensemble des joueurs actifs. Les joueurs excessifs se distinguent également par leur précarité financière et leur faible niveau d’études : 57,8 % déclarent un revenu mensuel inférieur à 1 100 euros (contre 34,7 % chez les joueurs actifs) ; et plus d’un joueur excessif sur trois ne possède aucun diplôme (36,3%).

Un lien fort entre jeu et  produits psychoactifs
Par ailleurs les résultats de l’enquête font apparaître un lien fort entre jeu problématique et consommations problématiques de produits psychoactifs. En effet, les consommations d’alcool, de tabac et de cannabis les plus à risque ou les plus intensives sont davantage retrouvées chez les joueurs excessifs que parmi l’ensemble des joueurs actifs ou en population générale. Ainsi, chez les joueurs excessifs : 26,3 % ont un risque de dépendance à l’alcool (contre 3,2% en population générale). La part de fumeurs quotidiens est de 64,2 % parmi les joueurs excessifs, alors qu’elle est de 29,7 % en population générale. Enfin 6,1 % des joueurs excessifs déclarent avoir consommé du cannabis au cours du dernier mois (vs 4,4 %. en population générale).

Comparaisons internationales
 Cette première enquête permet de situer la France par rapport aux autres pays. Avec une prévalence totale de 1,3 % pour le jeu dit problématique, l’hexagone se classe à un niveau relativement bas par rapport aux autres pays ayant mené ce type d’enquête. Il se place loin derrière les Etats-Unis ou l’Australie (autour de 5 %) mais également en retrait par rapport à l’Italie, le Canada, la Belgique et la Grande Bretagne plutôt aux alentours de 2 %4.

(1) Jean-Michel Costes, Maud Pousset, Vincent Eroukmanoff, Olivier le Nezet, Jean-Baptiste Richard, Romain Guignard, François Beck, Pierre Arwidson, Les niveaux et pratiques des jeux de hasard et d’argent en 2010. Baromètre santé 2010, module jeux de hasard et d’argent Inpes/OFDT Tendances, 2011, n°77, 8 p  
Source : OFDT

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