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Grippe H7N9: 60 cas confirmés ; le Cirad mobilisé en Asie

Selon l’OMS, le nombre de cas confirmés en laboratoire d’infection par le virus grippal A(H7N9) en Chine s’élève à 60, parmi lesquels 13 décès. Plus d’un millier de contacts proches des cas confirmés sont sous surveillance étroite. En Asie et depuis Montpellier, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) se mobilise face à l’émergence d’une nouvelle souche d’un virus de grippe aviaire A (H7N9) et envoie des experts en Chine et à Rome, à la demande de l’OMS et de la FAO.

« Des investigations sont en cours concernant les sources et les réservoirs possibles du virus. Jusqu’à ce que la source de l’infection soit identifiée, on s’attend à voir apparaître d’autres cas humains porteurs de ce virus en Chine. Jusqu’à présent, il n’y a aucune preuve qu’une transmission interhumaine soit en cours », indique l’OMS.

Grippe H7N9: 60 cas confirmés ; le Cirad mobilisé en AsieEn rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus l’application de quelconques restrictions aux déplacements ou aux échanges commerciaux.

Détecté récemment en Chine, le virus A (H7N9) a déjà fait plusieurs victimes humaines en contact plus ou moins proche avec des volailles. Chez les oiseaux domestiques, ce sont plusieurs foyers d’influenza aviaire A (H7N9) qui ont déjà été répertoriés sur des marchés de provinces chinoises. Toutefois, les volailles examinées ne montrent pas de signes de maladie tout en provoquant une maladie humaine grave et fréquemment mortelle chez les personnes infectées. Jusqu’à ce jour aucune contamination inter-humaine n’a cependant été mise en évidence.

En attendant de mieux comprendre les voies de diffusion de l’infection par H7N9, les autorités chinoises interdisent ou limitent les marchés, et mettent en place des mesures d’hygiène et de biosécurité pour diminuer le risque de transmission.

Un virus inquiétant

Comme l’explique François Roger, directeur de l’Unité de recherche Animal et gestion intégrée des risques (AGIRs) du Cirad : « La source originelle de l’épidémie est inconnue. Les oiseaux ne sont apparemment pas malades et certaines espèces animales comme les mammifères, potentiellement les porcs, pourraient être les relais d’autres espèces ».

Cette situation paradoxale inquiète particulièrement les experts scientifiques d’autant qu’elle évolue rapidement et défavorablement…

Lors des crises précédentes dues aux virus A(H5N1) et au virus A(H1N1)pdm09, l’Unité (AGIRs) a développé en Asie du Sud-est des études épidémiologiques et écologiques sur les grippes animales. Des travaux se sont poursuivis sur les systèmes de surveillance, les méthodes de modélisation incluant l’analyse de risque, chez les oiseaux domestiques ou sauvages comme chez les mammifères. Une connaissance des grippes animales et des compétences reconnues conduisent les agences internationales et les services gouvernementaux à faire appel au Cirad.

Des stratégies de lutte

Les scientifiques mettent en route un Système d’Information Géographique (SIG) qui pourra servir à des études et à de la modélisation en éco-épidémiologie, ainsi qu’à poser des jalons en termes d’analyse de risque incluant les diverses espèces potentiellement impliquées dont les oiseaux sauvages.

Des expertises sont également mises en œuvre à court terme sur le traitement des données disponibles pour essayer de comprendre les voies de transmission, de circulation du virus et des risques associés.

Des stratégies potentielles de vaccination sont à l’étude.

Les chercheurs sont aussi sollicités pour des formations en Asie du Sud-Est : évaluation du risque, épidémiologie de terrain (investigations sur foyers), modalités de surveillance.

Ces travaux se font en parallèle et en complémentarité des études virologiques et génétiques mises en oeuvre par de nombreux laboratoires chinois et des laboratoires internationaux de référence et leurs experts en virologie.

Toutes ces études ont pour objectifs d’identifier le plus rapidement possible la source première et les déterminants de cette maladie pour pouvoir agir efficacement contre son extension potentielle.

Source : Cirad et OMS

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18 avril 2013