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Apnée du sommeil : rôle de l’orthodontiste et sa prise en charge

Bien que sous-diagnostiquée, l’apnée du sommeil chez l’adulte est une pathologie fréquente. Ses conséquences, parfois dramatiques, nécessitent au minimum une surveillance, et dans bien des cas une prise en charge médicale globale. L’orthodontie entre alors dans le parcours de soin classique du traitement contre l’apnée du sommeil.

L’orthodontiste conçoit et pose des dispositifs médicaux conçus pour la prise en charge de l’apnée du sommeil, qu’il adapte à chaque patient. Intégré aux équipes pluridisciplinaires qui traitent l’apnée du sommeil, il concourt à une prise en charge pro-active, efficace et optimisée de la pathologie.

L’apnée du sommeil (= syndrome des apnées-hypopnées obstructives du sommeil – SAHOS) engendre concrètement des interruptions de la respiration pendant le sommeil (qu’on appelle « apnée ») ou bien des réductions de la respiration (on parle alors d' »hypopnée »). Les hommes et femmes souffrant d’apnée du sommeil peuvent alors, sans s’en rendre compte, cesser de respirer pendant des périodes en moyenne de 10 à 30 secondes pendant leur sommeil. Parfois, ces pauses respiratoires peuvent même être plus longues. Et surtout, elles peuvent se produire une centaine de fois par nuit * !

Le patient, et même son conjoint, ne réalisant pas forcément ces arrêts respiratoires nocturnes, l’apnée du sommeil est difficile à détecter. Le Dr Jean-Baptiste Kerbrat, membre de la Fédération Française d’orthodontie (FFO), explique que « les trois quarts des patients touchés par l’apnée du sommeil l’ignorent ». Pour autant en France, 600 000 personnes sont traitées pour un syndrome d’apnée du sommeil. Plus d’1 million de Français souffrirait donc d’apnée du sommeil, plus ou moins sévèrement. Les malades d’apnée du sommeil sont principalement âgés entre 40 et 70 ans, touchant 2 fois plus les hommes que les femmes *.

Quels sont les principaux symptômes de l’apnée du sommeil ?

• des micro-éveils répétés provoqués par le cerveau en manque d’oxygène
• des reprises de respiration bruyantes,
• des épisodes d’étouffement, de respiration haletante ou de ronflements
• des troubles du rythme cardiaque

En cas de doute, mieux vaut consulter un médecin. À la longue, l’apnée du sommeil peut entraîner une augmentation du risque d’hypertension artérielle, d’insuffisance coronaire avec un risque d’infarctus et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Le rôle de l’orthodontie dans l’apnée du sommeil

Parce qu’il est un spécialiste de la cavité buccale et de la mâchoire, l’orthodontiste tient une place importante dans la prise en charge de l’apnée du sommeil. Le Dr Kerbrat témoigne : « Nous sommes consultés par des patients qui présentent des problèmes relatifs à leur mâchoire. Or, la mâchoire tient un rôle important dans la survenue d’apnées du sommeil : si elle est étroite, petite, en arrière et/ou que l’on constate une respiration buccale, il est tout indiqué d’interroger le patient sur des potentiels signes pathologiques du sommeil et de l’orienter, le cas échéant, vers une structure spécialisée qui pourra poser le diagnostic. Ce sont des signes qui ne sont pas identifiés facilement par d’autres praticiens. »

Les traitements contre l’apnée du sommeil inclut des orthèses d’avancée mandibulaire ; elles sont préconisées en première intention dans le traitement des apnées du sommeil légères à modérées. Ce dispositif peut être, dans certains cas, combinés à la chirurgie maxilo-mandibulaire. L’étude ORCADE a menée une recherche sur leur efficacité. « Les résultats dont nous disposons permettent d’établir à 83% l’efficacité des orthèses mandibulaires dans le cadre d’apnées du sommeil légères à modérées. Plus surprenant et sans doute très intéressant pour l’avenir de la prise en charge : alors que les orthèses ne sont pas indiquées en première intention pour leur traitement, l’étude met en évidence une efficacité de 60% sur les apnées sévères. Cela démontre que l’usage de ce dispositif que les orthodontistes conçoivent et mettent en place permet un traitement efficace tout en ménageant la qualité de vie du patient : pesant moins de 10g, se situant uniquement dans la cavité buccale en contact avec la mâchoire, c’est un appareillage léger et discret comparé à ce qui existe par ailleurs. La gêne est limitée, les effets secondaires ne concernent que le possible déplacement modéré de certaines dents et cela a un impact direct sur l’observance. » précise le Dr Kerbrat .

Sources : Fédération Française d’Orthodontie * Viot-Blanc V. Syndrome d’apnée du sommeil en neurologie : chez qui et comment le rechercher ? Comment et pourquoi le traiter ? Neurol.com. 2009;1(3):79-83 ; Boutremans E, Medin Rey S, Loeb L. Prise en charge du syndrome des apnées du sommeil. Rev Med Brux. 2008;(29):277-80 ; Frey JG. ; Ballivet de Régloix S, Pons Y, Chabolle F, Clément P, Maurin O, Conessa P. Syndrome d’apnée obstructive du sommeil. Rev Prat. 2010;60(5):669-82.

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12 novembre 2014