Selon la revue médicale Prescrire, la kinésithérapie respiratoire ne serait pas efficace dans la bronchiolite des nourrissons. “Sa balance bénéfices-risques est défavorable”, estime ainsi la revue.

Chaque hiver, près de 30 % des enfants de moins de 2 ans sont affectés par la bronchiolite. Infection respiratoire des petites bronches, elle est due à des virus respiratoires très fréquents et très contagieux. Elle peut être grave pour les nourrissons, mais s’avère le plus souvent d’évolution spontanément favorable.

Une synthèse a recensé 9 études comparant le traitement par kinésithérapie respiratoire à l’absence de kinésithérapie respiratoire, chez 891 nourrissons. Prescrire indique “que les nourrissons aient été traités par kinésithérapie respiratoire ou non, l’évolution clinique n’a pas été différente, ni l’oxygénation du sang, ni la fréquence respiratoire, ni la durée de la maladie ou de l’hospitalisation. Et cela quelle que soit la technique de kinésithérapie respiratoire utilisée”.

“Avec ou sans kinésithérapie respiratoire, la durée moyenne de la maladie a été d’environ 13 jours”, précise la revue.

Parmi les principaux effets indésirables rapportés, une moins bonne oxygénation du sang pendant la séance de kinésithérapie, et des vomissements. “Outre un inconfort, la kinésithérapie respiratoire expose les nourrissons à d’autres effets indésirables, notamment des douleurs, voire des fractures de côtes (1 fracture pour 1 000 nourrissons traités)”, souligne la revue.

Ainsi, Prescrire estime qu'”En 2012, on dispose de données solides montrant que, chez les nourrissons atteints de bronchiolite, la kinésithérapie respiratoire n’est pas efficace et a une balance bénéfices-risques défavorable, y compris avec la technique habituellement utilisée en France. Mieux vaut épargner cette épreuve aux bébés”.

Source : Prescrire