Les produits injectables destinés au comblement des rides, recourant en majorité à l’acide hyaluronique, sont injectés sous la peau afin de lisser le visage. L’Afssaps vient de réaliser une classification en fonction de leur durée de vie dans l’organisme ainsi que des recommandations pour renforcer la vigilance vis-à-vis de ces produits.

Le marché des produits injectables de comblement des rides est en constant développement. Chaque année, ces produits représentent un volume de vente en France de près de 600 000 seringues. Environ 80 produits sont commercialisés en France par 25 fabricants.

Selon l’Afssaps, ces produits peuvent ainsi être classés en trois catégories principalement selon leur durée de présence dans l’organisme : les produits résorbables, lentement résorbables, non résorbables. On entend par produits « résorbables » et « lentement résorbables » des produits éliminés dans le temps naturellement par l’organisme, par opposition aux « non résorbables » qui sont définitivement injectés sous la peau.

Quels sont les principaux risques ?
La fréquence d’apparition d’effets indésirables est influencée par de nombreux facteurs extérieurs (nature du produit utilisé, technique, site, nombre d’injections). Elle est variable selon les individus (rougeur, oedème). Ces effets peuvent être aggravés par des injections répétées.

Les principaux risques associés à l’utilisation des ces produits injectables sont décrits dans leurs notices d’utilisation. Il s’agit par exemple de réactions immédiates (hématome, érythème.), retardées (pigmentation, allergie) et d’effets indésirables liés aux conditions d’asepsie de l’injection elle-même (infection).

D’autres risques très rares, tels que les granulomes et nécroses sont associés notamment aux produits lentement résorbables et non résorbables. Lorsque ces réactions tardives apparaissent, leurs effets tendent, comme le produit, à être permanents, ce qui rend leur traitement difficile. Ces effets indésirables peuvent intervenir de quelques jours à plusieurs années après l’injection du produit.  Selon les données disponibles, leur fréquence se situe entre 0,1 et 1% des patients traités.

A ce jour, l’Afssaps déconseille l’utilisation des produits injectables non résorbables dans une finalité esthétique du fait d’un risque non maîtrisé des effets indésirables graves mentionnés précédemment. Le risque de réapparition plusieurs années après peut être augmenté par l’injection de produits divers ou autres traitements à visée esthétique

Quelles précautions prendre ?
L’Afssaps a élaboré des recommandations destinées aux professionnels de santé et aux patients. Elles rappellent les précautions à prendre avant, pendant et après l’injection.

Avant l’injection de produits de comblement des rides :
–  Les produits non résorbables sont déconseillés dans une finalité esthétique : l’expérience de l’utilisation des produits injectables non résorbables a montré que la survenue de complications retardées liée à l’implant type granulome est généralement causée par la présence définitive de l’implant. L’apparition de cette réaction inflammatoire sera d’autant plus favorisée que la durée de présence de l’implant est permanente.

Il faut s’informer sur :
– les antécédents médicaux du candidat
– l’historique des produits préalablement injectés car il est fortement déconseillé d’avoir recours à un produit résorbable après l’utilisation d’un produit non résorbable sur le même site d’injection
– les risques et effets secondaires pouvant survenir après l’injection de produit de comblement.

Pendant et après l’injection , il est primordial de :
– conserver pendant une période de 15 ans dans un dossier ou un « carnet esthétique » tous les documents relatifs aux actes esthétiques et produits utilisés
– de signaler tout effet indésirable grave à l’Afssaps.

Les recommandations, ainsi qu’un dossier thématique dédié aux dispositifs médicaux de comblement des rides, sont disponibles sur le site Internet de l’Afssaps (www.afssaps.fr).

A Lire également

Effets indésirables : un portail internet officiel... Médicament, dispositif médical, complément alimentaire, produit cosmétique, ou encore un acte de soin réalisé par un professionnel de santé à l’hôpita...
Prothèses PIP : 17 411 femmes ont choisi de se fai... Selon le dernier bilan de l’Agence française du médicament (ANSM), 17 411 femmes ont eu une explantation de leur prothèse en gel de silicone PIP à fin...
Protelos®: mise en garde de l’Afssaps contre le mé... L’Afssaps, l'agence sanitaire du médicament, a adressé vendredi une mise en garde aux professionnels de santé afin qu’ils restreignent l’emploi du Pro...
Maladie de Parkinson : mieux comprendre les médica... A l’occasion de la Journée Mondiale de la maladie de Parkinson, l’Afssaps diffuse un document d’information à destination des patients et de leur ento...
Les médicaments aux extraits de Ginkgo biloba peu ... Lors de sa séance du 3 novembre 2011, la Commission d’Autorisation de mise sur le marché (AMM) de l'Affsaps a conclu que le rapport bénéfice / risque ...
Médicaments: comment déclarer directement les effe... La déclaration d’un effet indésirable lié à un médicament, effectuée directement par le patient et les associations de patients, vient d’être official...
Accoucher dans l’eau : dangereux pour le bébé ?... Selon une étude réalisée par l’Académie américaine de pédiatrie et le collège des gynécologues obstétriciens, donner naissance dans l’eau pourrait, da...
Faut-il en avoir peur des antidépresseurs ? Le traitement médicamenteux ne constitue qu’un aspect de la prise en charge des sujets présentant des troubles dépressifs ou anxieux. Si historiquemen...
Mediator : un avocat dépose une première plainte c... Un avocat de Saint-Denis, sur l'île de La Réunion, vient de déposer lundi une plainte contre l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de ...
Un nouveau site pour Maladies Rares Info Services Maladies Rares Info Services vient de lancer « Effets Indésirables Info Services ». Pour mettre en avant ce nouveau service, le site internet maladies...
Grippe A/H1N1 : un dispositif de surveillance des ... L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a présenté son dispositif de pharmacovigilance des effets indésirables qui se...
Cancer du sein : le dépistage organisé, comment ça... Le dépistage organisé est un programme national mis en place par pouvoirs publics, en lien avec l’Assurance Maladie et les professionnels de santé, au...
Boissons énergisantes: l’Anses prévient sur ... Dans le cadre du dispositif de nutrivigilance, l'Anses surveille les effets indésirables suspectés d’être liés à la consommation de ces produits. Réce...
Compléments alimentaires : attention aux effets in... Alors que le marché des compléments alimentaires est en expansion, son chiffre d’affaires dépassant 1,3 milliard d’euros en 2013, l'Anses appelle à la...
Les patients peuvent déclarer directement les effe... La déclaration d’un effet indésirable lié à un médicament peut désormais être effectuée directement par le patient et les associations de patients. L’...
Retraits de plusieurs lots de médicaments des labo... L’Afssaps indique avoir procédé le 10 janvier au retrait des spécialités exploitées par la société Alkopharm dont "l’indisponibilité immédiate n’aura ...