Une étude suggère que se sentir en mauvaise santé est un facteur de risque de survenue de démence. Les auteurs de cette étude  dirigée par Annick Alpérovitch et Christophe Tzourio (unité Inserm 708) et publiée dans la revue Neurology estiment que cette question simple pourrait constituer un signal d’alerte pour les médecins généralistes.

En l’absence de tout symptôme évocateur, il est difficile d’identifier les personnes à risque de démence. L’impression d’être en mauvaise santé, indépendamment de l’état de santé réel, pourrait-il être un signal d’alerte, comme pour les maladies cardiovasculaires ?  Pour évaluer la pertinence de cette question et l’isoler d’autres événements qui peuvent favoriser l’apparition d’une démence (dépression, troubles cognitifs, handicap sévère), une équipe de chercheurs de l’Unité Inserm 708 a analysé les données provenant de la cohorte des 3 Cités. Cette cohorte, qui a pour but d’étudier les facteurs de risque des démences, comprend plus de 8 000 personnes âgées de plus de 65 ans issues de la population générale et suivies depuis plus de 10 ans.

Risque accru de démence vasculaire et de maladie d’Alzheimer
Les chercheurs ont demandé aux participants d’évaluer leur état de santé au début de l’étude en 1999-2001, puis les ont suivis en moyenne durant 6 ans pour dépister notamment une démence d’origine vasculaire ou une maladie d’Alzheimer.

Comme attendu, les patients déclarant une mauvaise santé avaient globalement un plus grand risque de mortalité lors du suivi. Fait nouveau, les personnes déclarant une santé mauvaise ou moyenne avaient un plus grand risque de devenir démentes lors du suivi et notamment un risque 48 % plus élevé de développer une maladie d’Alzheimer. Ce résultat est d’autant plus marqué qu’elles ne se plaignaient pas de troubles de mémoire, n’avaient pas de dépression ou de handicap.

“L’explication la plus vraisemblable de cette observation, explique Annick Alpérovitch, est que se déclarer en mauvaise santé sans raison serait associé à un trouble plus général du comportement se traduisant par un repli et une baisse des interactions sociales et des activités de l’individu. Or ce repli est connu pour être un accélérateur du processus clinique aboutissant à la démence.”

Quelle que soit l’explication, soulignent les auteurs, cette découverte a des conséquences pratiques importantes. “Les généralistes devraient s’aider de cette question toute simple pour être alertés d’un risque possible de démence future chez les personnes disant avoir une mauvaise santé, a fortiori si ces personnes n’ont aucun symptôme évocateur de début de démence”.

Source : Inserm

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