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Voiture électrique: faut-il y croire en 2010?

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Annoncée à grand renfort de déclarations prophétiques, la voiture électrique va-t-elle enfin sortir des salons? Et quand? A quel prix? Renault y croit dur comme fer: son président, Carlos Ghosn, n’a pas hésité à prédire que la part de marché de l’électrique serait de 10 % en 2020. Faut-il y croire?
Oui :

Plusieurs arguments plaident en faveur du véhicule zéro émission : la nécessaire réduction de la dépendance énergétique au pétrole, dont les cours menacent de flamber nouveau; l’entrée en vigueur de normes environnementales de plus en plus sévères; des villes bannissant inéluctablement l’accès aux véhicules polluants et enfin une fiscalité avantageuse (5 000 euros de prime en France).

Côté technologie, les batteries ont nettement progressé: meilleure autonomie, très grande fiabilité, poids en diminution. Renault n’hésite plus: quatre véhicules électriques sont dans les cartons, dont le premier devrait être prêt fin 2010. Un argument supplémentaire: les véhicules électriques sont extrêmement silencieux et très faciles à conduire puisque la boîte de vitesses a disparu. Impossible donc de caler. Et vos deux mains restent posées sur le volant.

 Non :

La distribution de l’électricité est inexistante, le nombre des prises de courant publiques est, pour l’heure, symbolique. Dans les villes, la gestion future  des places réservées aux véhicules électriques reste extrêmement floue. Autre point noir: le bilan… écologique. Si l’énergie provient en effet des seules matières fissiles (nucléaire) où sera le bénéfice environnemental? Pour l’heure, il n’est guère possible d’envisager de produire en quantité suffisante à partir d’énergies renouvelables. Nouveau hiatus: que faire des batteries en fin de vie? Certes, leur espérance de vie est longue: de l’ordre de 100 à 200 000 kilomètres. Mais la question du traitement des batteries en fin de vie n’est pas du tout tranchée, surtout pour celles contenant du lithium, très difficile à recycler. La connection pose également problème: quel standard de connecteur retenir?

Côté prix,  “rouler écolo” coûte encore extrêmement cher: les batteries peuvent en effet valoir le prix d’une petite voiture thermique. Au Japon, le modèle électrique de Mitsubishi (Miev) est affiché à quelques 24 000 euros, soit plus du double de son équivalent thermique. Enfin, la question qui fâche: l’autonomie. En conduisant avec des ballerines, comptez au mieux 250 kilomètres. Quant au temps de recharge, il fait compter 8 heures environ pour une recharge complète. Et pour finir, rappelons qu’il faut disposer d’une prise de courant! Ce qui n’est pas évident si vous vivez dans un immeuble dépourvu de prises accessibles… Et aux normes. Patience donc: d’ici 2012, les prises devraient se multiplier et les chargeurs “plug-in” devenir encore plus rapides. Quant aux prix, ils baisseront si la demande suit, grâce à la loi des séries. Mais, vous l’avez compris: inutile de vous presser chez votre concessionnaire.

 Lire également: Voitures électriques: un « gadget » pour 6 Français sur 10

5 janvier 2010



    2 avis pour “Voiture électrique: faut-il y croire en 2010?”

  1. Nathalie dit :

    Merci pour cet article nuancé.
    Deux remarques toutefois : 30km parcourus en voiture électrique (c’est-à-dire le kilométrage moyen journalier en France) ne consomment pas plus d’électricité qu’une tournée de sèche linge ! Le débat repose dont plus sur le mix énergétique français que sur l’acceptation ou non de la voiture électrique.
    De plus, le recyclage des batteries au lithium est une technologie tout à fait au point (et assurée par une entreprise française de surcroit) qui récupère 100% de la matière en fin de vie. Longue vie à la voiture électrique !

  2. PERGEAUX dit :

    Bonne année 2010,

    Je veux bien être testeur, en usage privé-pro, pionnier s’il en est, de notre, je le souhaite pour l’avoir testé il y a près de 18 ans (Peugeot 106), futur moyen de transport. Trés agréable et conforatble, cette énergie est-elle arrivée à l’âge adulte, peut-elle sortir du laboratoire ? Moi je suis prêt.

    Luc Pergaux, chargé de clientéle Axa à Biarritz.

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