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Résistance aux antibiotiques : attention aux idées fausses

Une enquête de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) révèle une large incompréhension de l’opinion publique à l’égard de la résistance aux médicaments antibiotiques. Ainsi, 64% des personnes interrogées pensent que les antibiotiques peuvent être utilisés pour soigner les rhumes et la grippe, bien qu’ils n’aient aucun impact sur les virus.

«L’augmentation de la résistance aux antibiotiques représente un immense danger pour la santé mondiale, et les gouvernements reconnaissent désormais qu’il s’agit de l’un des plus grands défis auxquels la santé publique est confrontée aujourd’hui. Elle atteint des niveaux dangereusement élevés dans toutes les parties du monde», déclare le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS, en annonçant aujourd’hui les conclusions de l’enquête. «La résistance aux antibiotiques met en péril notre capacité à traiter les maladies infectieuses et compromet de nombreux progrès obtenus dans le domaine médical.»

La résistance aux antibiotiques survient lorsque les bactéries se modifient et deviennent résistantes aux antibiotiques utilisés pour traiter les infections dont elles sont responsables. Un usage excessif ou une mauvaise utilisation des antibiotiques favorisent le développement de bactéries résistantes, et cette enquête met en lumière certaines des pratiques, des lacunes dans les connaissances et des idées fausses qui contribuent au phénomène.

Résistance aux antibiotiques : attention aux idées faussesDes idées fausses révélées par l’enquête
Près des deux tiers (64%) des quelque 10 000 personnes qui ont répondu à l’enquête dans 12 pays déclarent savoir que la résistance aux antibiotiques est un problème qui peut les concerner elles mêmes et leurs familles, mais ne comprennent pas toujours bien comment elles seront touchées et ce qu’elles peuvent faire pour contribuer à résoudre le problème.

Ainsi, 64% des personnes interrogées pensent que les antibiotiques peuvent être utilisés pour soigner les rhumes et la grippe, bien qu’ils n’aient aucun impact sur les virus.

Environ un tiers (32%) des personnes ayant répondu à l’enquête pensent qu’elles doivent cesser de prendre les antibiotiques lorsqu’elles se sentent mieux, plutôt que de terminer le traitement prescrit.

Les trois quarts (76%) des personnes interrogées pensent que la résistance aux antibiotiques survient lorsque l’organisme devient résistant aux antibiotiques. En réalité, ce sont les bactéries – et non les êtres humains ou les animaux – qui deviennent résistantes aux antibiotiques et leur propagation est la cause des infections difficiles à traiter.

Les deux tiers (66%) des personnes interrogées pensent qu’il n’y aucun risque d’infection résistante aux médicaments chez les individus qui prennent correctement le traitement antibiotique qui leur a été prescrit. Près de la moitié (44%) des personnes ayant participé à l’enquête pensent que la résistance aux antibiotiques n’est un problème que pour les personnes qui prennent régulièrement des antibiotiques. En réalité, n’importe qui peut à tout moment et dans n’importe quel pays être atteint d’une infection résistante aux antibiotiques.

«Antibiotiques: à manipuler avec précaution»
À l’occasion de la Première Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, qui a lieu du 16 au 22 novembre 2015, l’OMS lance une campagne mondiale intitulée «Antibiotiques: à manipuler avec précaution». Elle a pour but de mieux faire connaître le phénomène et d’encourager le grand public, les décideurs, et les professionnels de la santé et de l’agriculture à adopter de bonnes pratiques afin d’éviter que la résistance aux antibiotiques ne continue de se propager.

* Cette enquête multipays était limitée à deux pays par Région de l’OMS, soit 12 pays au total. Les données ne sauraient être considérées représentatives de chaque Région, ni de la situation mondiale. Le travail de terrain a été effectué par l’organisme de recherche 2CV du 14 septembre au 16 octobre 2015. Au total, 9772 personnes ont répondu aux 14 questions de l’enquête, en ligne ou lors d’un entretien réalisé dans la rue.

Source : OMS

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17 novembre 2015