Chaque année, 1,1 million de bébés prématurés perdent la vie, mais grâce à des traitements peu coûteux, 75% d’entre eux pourraient survivre, indique l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Chaque année, quelque 15 millions de bébés dans le monde, soit plus d’une naissance sur dix, sont nés trop tôt, selon le rapport qui vient d’être publié intitulé Arrivés trop tôt: rapport des efforts mondiaux portant sur les naissances prématurées.

Plus d’un million de ces bébés meurent peu après leur naissance; en plus un nombre incalculable d’autres prématurés souffriront d’une incapacité à vie d’ordre physique, neurologique ou pédagogique, à un prix souvent très élevé pour les familles et la société.

On estime que trois quarts de ces bébés prématurés auraient pu survivre, sans que l’on ait forcément besoin de recourir à des soins dispendieux, si des traitements et des soins de prévention éprouvés et peu coûteux avaient été disponibles dans le monde entier.

De nouvelles statistiques publiées dans le rapport illustrent à la fois l’ampleur du problème et la présence de disparités entre les pays. Parmi les 11 pays qui affichent des taux de naissance prématurée supérieurs à 15%, seulement deux ne proviennent pas d’Afrique subsaharienne. Les naissances prématurées représentent 11,1% des naissances vivantes dans le monde, dont 60% proviennent d’Asie du Sud et d’Afrique subsaharienne. Dans les pays les plus pauvres, on compte en moyenne 12% de bébés nés prématurément, comparativement à 9% pour les pays à revenu plus élevé.

Cependant, le problème des naissances prématurées ne concerne pas uniquement les pays à faible revenu. En effet, les États-Unis et le Brésil figurent parmi les 10 premiers pays qui affichent les taux les plus élevés de naissance prématurée. Par exemple, aux États-Unis, environ 12% de l’ensemble des naissances, soit plus d’une naissance sur neuf, est prématurée.

Voici les pays qui comptent le plus grand nombre de naissances prématurées: Inde – 3 519 100; Chine – 1 172 300; Nigéria – 773 600; Pakistan – 748 100; Indonésie – 675 700; États-Unis – 517 400; Bangladesh – 424 100; Philippines – 348 900; République démocratique du Congo – 341 400; et Brésil – 279 300.

 Voici les 10 pays qui possèdent les taux les plus élevés de naissance prématurée pour 100 naissances: Malawi-18,1 pour 100; Comores et Congo-16,7; Zimbabwe-16,6; Guinée équatoriale-16,5; Mozambique-16,4; Gabon-16,3; Pakistan-15,8; Indonésie-15,5; et Mauritanie-15,4.

Voici, à l’opposé, les 11 pays qui détiennent les taux les plus faibles de naissance prématurée : Bélarus-4,1; Équateur-5,1; Lettonie-5.3; Finlande, Croatie et Samoa-5,5; Lituanie et Estonie-5,7; Antigua-et-Barbuda -5,8; Japon et Suède-5,9.

Dans les pays à revenu élevé, les augmentations du nombre de naissances prématurées sont liées au nombre de femmes plus âgées qui ont des bébés, à une utilisation croissante d’inducteurs d’ovulation et aux multiples grossesses qui en résultent. Dans certains pays développés, les déclenchements non nécessaires du point de vue médical et les accouchements par césarienne avant la gestation complète du bébé ont également contribué à la hausse des naissances prématurées. Dans de nombreux pays à faible revenu, les principales causes de naissances prématurées comprennent les infections, le paludisme, le VIH et un taux élevé de grossesses chez les adolescentes. Tant dans les pays riches que dans les pays pauvres, un grand nombre de naissances prématurées demeure inexpliqué.

D’importantes différences ont été relevées à l’intérieur même des pays. Par exemple, aux États-Unis, le taux de naissance prématurée en 2009 chez les Afro-Américains s’élevait à 17,5%, comparativement à 10,9% chez les Américains de race blanche. L’âge de la mère produit une différence notable. Aux États-Unis, le taux de naissance prématurée chez les femmes âgées de 20 à 35 ans se situait de 11 à 12%; alors qu’il atteignait plus de 15% chez les femmes de moins de 17 ans et de plus de 40 ans.

Des techniques simples et peu coûteuses qui sauvent des vies

«Les gens ont tendance à associer les naissances prématurées à des soins intensifs dispendieux, ce qui représenterait un véritable enjeu pour les pays démunis. Toutefois, une gamme complète de services efficaces et peu coûteux sont à notre disposition et peuvent sauver la majorité de ces vies», explique le Dr Carole Presern, qui a exercé le rôle de sage-femme dans des régions reculées d’Asie et actuellement directrice du Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant.

Les spécialistes de l’ONU, les établissements médicaux et les organismes œuvrant sur le terrain affirment que des types de soins éprouvés et peu coûteux destinés aux prématurés pourraient sauver au moins trois quarts de ces bébés dans le monde en développement. Voici ce qu’ils comprennent:

– Des injections de stéroïdes anténatales pour les mères qui ont des contractions prématurées, lesquelles coûtent 1 dollar la dose. Cette technique contribue au développement pulmonaire du fœtus encore immature et prévient des problèmes respiratoires; cependant, dans les pays à faible revenu, ces injections ne sont offertes qu’à 10% des mères qui en ont besoin. À lui seul, ce service pourrait sauver la vie de près de 400 000 bébés par année.

– La «méthode kangourou», c’est-à-dire lorsque l’enfant reçoit un contact peau à peau sur la poitrine de sa mère pour demeurer au chaud. En effet, la chaleur est très importante pour les nouveau-nés prématurés. La méthode kangourou facilite l’allaitement fréquent et procure une supervision maternelle constante. Le recours à cette technique pourrait sauver 450 000 vies par année.

– De la crème antiseptique afin de prévenir l’infection du cordon ombilical.

– Des antibiotiques pour prévenir et combattre les infections: une cause importante de décès du nouveau-né.

Source : OMS

 

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