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Qu’est-ce que la schizophrénie ?

La schizophrénie est un trouble psychique caractérisé par une perturbation du processus de la pensée, du comportement et des émotions. Issu du grec schizo et phrénia, qui signifient respectivement « scinder » et « esprit », le terme schizophrénie est souvent utilisé de manière impropre et considéré à tort comme un dédoublement de la personnalité.

 La schizophrénie est une dissociation entre les perceptions et les croyances d’une part, et le monde réel d’autre part. Cette perte d’unité du psychisme associée à une impression d’être assailli d’informations que le patient ne peut ni intégrer ni filtrer.

 Quels sont les symptômes de la schizophrénie ?

Les symptômes de la schizophrénie sont principalement de trois ordres1 :

1-    Les symptômes dits « positifs » sont les plus évocateurs. Ils se composent d’idées délirantes, correspondant à des idées fausses élaborées pour la plupart autour des thèmes de persécution, et d’influence (la personne est convaincue d’être sous l’emprise d’une force étrangère), et d’hallucinations (le plus souvent auditives, mais aussi visuelles, olfactives, tactiles, et psychiques).

2-    A ces manifestations les plus visibles s’associent les symptômes dits « négatifs » ; ils sont tout aussi invalidants. Ils se traduisent par un isolement social (repli sur soi, perte d’initiative et d’investissement…) et un émoussement affectif et émotionnel, dont l’impact sur le pronostic de la schizophrénie est majeur.

3-    Enfin, les spécialistes décrivent des symptômes dits de désorganisation qui se manifestent par des troubles du cours de la pensée (ex : arrêt brusque du discours), des troubles de l’élocution, l’expression d’émotions, discordantes (sourire lors de l’évocation d’une émotion triste, etc…)

Quelles sont les causes de la schizophrénie ?

Il n’existe pas de cause unique, mais selon certaines hypothèses, une anomalie survenant au cours du développement du cerveau (anomalie génétique, dysfonctionnement des neurotransmetteurs, une infection virale pendant la grossesse, etc…) pourraient prédisposer au développement de la schizophrénie. De multiples facteurs environnementaux serviraient ensuite d’éléments révélateurs de la pathologie, chez des sujets prédisposés à développer l’affection.

A-t-on identifié des facteurs de risque ?

D’après les psychiatres, les facteurs psychosociaux, et plus précisément les facteurs sociodémographiques (être isolé socialement et économiquement, avoir un nombre très réduit d’expériences professionnelles, être récemment immigré et par conséquent brutalement coupé de sa culture d’origine), peuvent apparaître comme des facteurs favorisant l’éclosion de la maladie. De même, la survenue d’évènements de vie très stressants pourrait précipiter l’apparition de la maladie chez une personne prédisposée. Certains facteurs biologiques, et plus précisément des agents toxiques (notamment les drogues, dont le cannabis)ou traumatiques, ont été évoqués comme favorisant l’émergence de troubles schizophréniques.

Sur quoi repose la prise en charge des patients ?

La prise en charge des personnes atteintes de schizophrénie doit être globale : outre le traitement antipsychotique, elle doit reposer sur un accompagnement psychologique et social susceptibles d’aider les patients à recouvrer leurs capacités et à se réadapter à une vie sociale et professionnelle.

 La schizophrénie en chiffres

– Loin d’être une maladie rare, la schizophrénie concerne environ 1% de la population, ce qui représente environ 400.000 personnes en France2.
– La schizophrénie débute chez l’adulte jeune, généralement entre 15 et 25 ans2.
– L’impact de la schizophrénie réduit l’espérance de vie d’environ 12 ans, en raison notamment du risque suicidaire, 20 fois plus élevé que dans la population générale. En effet, 30 à 50% de ces malades auraient déjà fait une tentative de suicide, 10% en décèderaient. Le risque de suicide est particulièrement important au début de la maladie et lors de la prise de conscience du trouble.
– Les personnes atteintes de schizophrénie ont très souvent des comportements à risque. 40 à 70% des personnes souffrants de schizophrénie abusent ou sont dépendantes de substances3.
– Environ 80% des personnes touchées par cette maladie sont en rupture sociale4 et 15% sont hospitalisées au long cours dans des institutions psychiatriques5.
– Le taux de mortalité est multiplié par 2 à 3 pour cause d’accidents, de suicides et de comorbidités organiques6.
– Enfin, si les rares agressions dans lesquelles sont impliquées les personnes souffrant de schizophrénie défrayent la chronique, celles qu’elles subissent sont passées sous silence alors qu’elles sont incomparablement plus nombreuses.
– Un tiers des malades considérés comme schizophrènes mène une vie normale, un tiers conserve des troubles psychiques d’un autre registre que la schizophrénie mais compatibles avec une autonomie et un tiers n’a pratiquement connu que l’institution.

Sources : Institut Lilly – 1 American psychiatric Association, Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, DSM-IV TR. Masson, Paris, 1996 – 2 Haute Autorité de Santé – Schizophrénies – Juin 2007 – 3 Margoles Hc.et al. Approches cliniques du suicide (I). Identifications des facteurs de risque. L’Encéphale 2009 ;35 :176-181 – 4 Nationale Institute for Clinical Excellence (NICE). 2009. Schizophrenia ; full national guideline on core interventions in primary and secondary care. – 5 Daniel Javitt. Joseph Coyle. Décrypter la schizophrénie. Pour la science. Février 2004. – 6 Auquier P. et al. Mortality in schizophrenia. Pharmcoepidemiol Durg saf. 2007 ;16(12):1308-12 

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27 février 2014