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Myopathie de Duchenne : un traitement de thérapie génique prometteur

Des chercheurs français viennent de démontrer l’efficacité d’un traitement innovant de thérapie génique chez le chien de la dystrophie musculaire de Duchenne. Des résultats qui ouvrent la voie à la mise en place d’un essai clinique chez l’Homme.

Ces travaux, initiés et soutenus par l’AFM-Téléthon, Atlantic Gene Therapies (AFM-Téléthon, Inserm UMR 1089, Université de Nantes, CHU de Nantes), Généthon (Evry) et l’Institut de Myologie (Paris), ont été publiés dans la revue américaine Molecular Therapy du mois de novembre, et financés en majeure partie par les dons du Téléthon.

La dystrophie musculaire de Duchenne est la maladie neuromusculaire la plus fréquente de l’enfant (1 garçon sur 3500 à 5000 naissances). Elle est due à une anomalie génétique dans le gène DMD, sur le chromosome X, entraînant l’absence d’une protéine indispensable au bon fonctionnement des muscles, la dystrophine.

Le traitement développé par les chercheurs d’Atlantic Gene Therapies, de Généthon et de l’Institut de Myologie, est basé sur l’utilisation d’un vecteur AAV (Adeno Associated Virus) portant un transgène permettant le saut d’un exon (1) spécifique et la production de dystrophine dans le muscle du malade.

Les résultats des travaux menés chez le chien indiquent notamment que chez ceux ayant reçu la dose la plus importante, 80 % des fibres musculaires expriment la « nouvelle » dystrophine avec la dose la plus élevée. Un résultat extrêmement encourageant car une expression minimum de 40 % de la dystrophine dans les fibres musculaires est nécessaire pour que la force soit réellement améliorée.

Ces résultats ouvrent la voie à la mise en place d’un essai de phase I/II qui visera à traiter, par voie locorégionale, le membre supérieur chez certaines personnes atteintes de dystrophie musculaire de Duchenne non ambulantes et dont la dystrophine peut être corrigée par le saut spécifique de l’exon 53. Les études de toxicologie et biodistribution réglementaires viennent de s’achever et le dépôt d’un dossier auprès des autorités réglementaires est prévu pour 2015.

1 Le saut d’exon est une technique qui consiste à ignorer la partie du gène qui est mutée et qui empêche la synthèse de la protéine. Une fois cette zone masquée, la protéine qui est produite est plus courte que la protéine « normale », mais fonctionnelle.

Source : AFM-Téléthon

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13 novembre 2014