L’Autorité de la concurrence a sanctionné le groupe pharmaceutique français Sanofi à hauteur de 40,6 millions d’euros pour « avoir mis en place une stratégie de dénigrement à l’encontre des génériques de Plavix® », l’un des médicaments les plus vendus dans le monde.

Saisie par la société Teva Santé (3ème fabricant de médicaments génériques en France), l’Autorité de la concurrence a rendu mardi une décision par laquelle elle sanctionne Sanofi-Aventis à hauteur de 40,6 millions d’euros. Dans son communqiué, l’Autorité accuse la laboratoire d’avoir mis en place auprès des professionnels de la santé (médecins et pharmaciens d’officine) une stratégie de dénigrement à l’encontre des génériques de Plavix® afin de limiter leur entrée sur le marché et de favoriser ses propres produits, le princeps Plavix® ainsi que son auto-générique Clopidogrel Winthrop®.

Selon l’autorité, qui a recueilli le témoignage de médecins et de pharmaciens, « les visiteurs médicaux et délégués pharmaceutiques de Sanofi-Aventis ont diffusé à l’échelle nationale auprès des médecins et des pharmaciens un discours jetant le doute sur l’efficacité et l’innocuité des génériques concurrents de Plavix® et laissant entendre que leur responsabilité pourrait être engagée en cas de problème médical consécutif à la prescription et/ou à la délivrance de ces médicaments de substitution ».

Plavix®, médicament utilisé pour la prévention des récidives des maladies cardiovasculaires graves, est un « blockbuster » de l’industrie pharmaceutique : 4ème médicament le plus vendu au monde, il représentait en 2008 le premier poste de remboursement de l’Assurance maladie en France (soit 625 millions d’euros). Les premiers génériques du clopidogrel concurrents de Sanofi-Aventis ont été commercialisés au début du mois d’octobre 2009.

Selon l’autorité, le taux de générification de Plavix® a été « significativement inférieur à ce qu’il aurait dû être ». « Dans son rapport sur les résultats 2010, la Sécurité sociale relève que le « taux de pénétration effectif du clopidogrel à fin décembre 2010 [était] inférieur de 10 points à l’objectif (64,6% contre 75%) » », souligne l’Autorité.

Plavix® étant le premier poste de remboursement de l’Assurance maladie, « le manque à gagner est donc substantiel pour les comptes publics. Pour la période janvier 2010 – août 2011, la CNAMTS estimait la perte liée aux économies non réalisées à 38 millions d’euros », pointe l’Autorité de la Concurrence.

Sanofi a réagi mardi indiquant qu’il n’avait « jamais remis en cause la bioéquivalence des génériques de Plavix » et qu’il « désapprouve la décision de l’Autorité de la concurrence et évalue actuellement tous les arguments pour préparer un recours devant la cour d’appel de Paris ».

Lire la décision de l’Autorité de la Concurrence

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