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Mediator : « Ce n’est que trois morts »

Jacques Servier, patron et fondateur du laboratoire qui porte son nom, a vivement contesté mardi le nombre de décès attribués par les autorités sanitaires à son coupe-faim, en déclarant « le Mediator, ce n’est que trois morts », selon « Libération » paru jeudi.

« 500 est un très beau chiffre marketing, mais il ne s’agit que de 3 morts. Les autres avaient déjà des valvulopathies » a assuré, selon le quotidien, Jacques Servier lors des voeux qu’il a présentés mardi à ses équipes. « Les médecins sont derrière nous, tous les cardiologues nous soutiennent », a-t-il ajouté. Le Mediator était « un médicament mineur mais qui rendait de grands services aux patients », a-t-il poursuivi, toujours selon Libération.
Le Mediator (benfluorex), médicament destiné aux diabétiques en surpoids et largement détourné comme coupe-faim, a été commercialisé en France par Servier de 1976 à novembre 2009, date de son retrait du marché. Utilisé par 5 millions de personnes, dont 2,9 millions qui l’ont pris pendant plus de 3 mois, il pourrait être responsable de 500 à 2.000 décès, selon les estimations réalisées pour l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).
Le discret Jacques Servier, sous les feux de l’actualité avec la mise en cause du Mediator, préside toujours, à 88 ans, aux destinées du groupe pharmaceutique qu’il a bâti depuis 1954. Avec un chiffre d’affaires revendiqué de 3,6 milliards d’euros, Servier est le deuxième laboratoire pharmaceutique français en termes de ventes, derrière le mastodonte Sanofi-aventis, mais devant d’autres groupes parfois plus connus comme Pierre Fabre ou bioMérieux.
Par ailleurs, une étude réalisée par un cardiologue pour le compte du laboratoire Servier en 2009 montre clairement le lien entre la prise de Mediator et les atteintes des valves cardiaques, indique « Le Figaro » sur son site internet. Selon le quotidien, le rapport rédigé par le Pr Bernard Iung comporte 11 pages d’analyse réalisée à partir de 45 cas de valvulopathies « mises en évidence chez des patients traités par benfluorex » (la molécule du Mediator) transmis par Servier. Il s’agit de cas « spontanément rapportés par différents centres dans le cadre de la pharmacovigilance ».
Sur les 17 cas de valvulopathies opérées, le Pr Iung conclut que 12 sont « évocateurs d’une valvulopathie médicamenteuse liée au benfluorex ». Plus précisément, six cas sont « fortement évocateurs » et six autres cas sont « possiblement liés ». L’association est donc très claire, relève le Figaro.
Pour les 15 patients qui n’ont pas été opérés mais pour lesquels on dispose d’échocardiographies, « l’imputabilité du benfluorex est possible dans 10 cas », ajoute le quotidien.
Selon le Dr Bruno Toussaint, directeur de la revue médicale indépendante Prescrire, « le laboratoire Servier, ses chercheurs, savaient depuis 1970 que le benfluorex était un anorexigène, un coupe-faim ».

Sources : AFP, www.lefigaro.fr, www.liberation.fr

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6 janvier 2011