L’UFC-Que Choisir s’alarme ce lundi des négociations conventionnelles en cours de finalisation entre médecins et Assurance maladie, qui réactivent le projet de création d’un secteur tarifaire optionnel. En effet, ce dernier autoriserait certains médecins spécialistes à pratiquer des dépassements d’honoraires pouvant atteindre 50 % du tarif de base, à condition qu’ils réalisent 30 % de leurs actes au tarif conventionné.

Alors que l’Assurance maladie confirmait en mai dernier l’accentuation du phénomène des dépassements d’honoraires (2,5 milliards d’euros en 2010, soit – en euros constants – un doublement en 20 ans), l’UFC-Que Choisir se demande si la facture de l’augmentation des médecins sera « bientôt adressée aux plus modestes ».

Ainsi, les médecins concernés (chirurgiens, anesthésistes, gynécologues obstétriciens) pourraient faire payer une consultation à leurs patient 37,5 euros (le tarif de convention d’un spécialiste étant de 25 euros). L’association qui souligne que « la prise en charge par les complémentaires santé est présentée, par les partisans du secteur optionnel, comme l’antidote pour l’usager au renchérissement des soins », rappelle que les cotisations ont déjà bondi de 52% entre 2001 et 2008 et qu’elles « exploseraient sous l’effet de l’augmentation du prix moyen des actes concernés ». Un surcoût pour les complémentaires repercuté sur les assurés.

L’UFC Que Choisir s’inquiète également que « 16,5% des Français déclarent d’ores et déjà renoncer à des soins pour des raisons budgétaires » et estime que « les 4 à 5 millions de Français dépourvus de couverture complémentaire, parmi les plus modestes, devraient assumer seuls le poids écrasant des dépassements d’honoraires ».
L’association réclame ainsi dans un communiqué l’abandon du « secteur optionnel », un réexamen de la rémunération des actes médicaux et demande au gouvernement de s’attaquer aux dépassements les plus élevés.

Source : UFC Que Choisir

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