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Le test d’évaluation du QI conduit à sur-diagnostiquer la précocité chez l’enfant

Suite à la conférence animée le 29 mars dernier par Hervé Glasel, neuropsychologue et fondateur de l’école du CERENE : La précocité intellectuelle chez l’enfant, également appelée le « haut potentiel », est un concept flou, utilisé à tort pour recouvrir une multitude de réalités diverses, et qui sert trop souvent de justification à l’échec scolaire d’un enfant. Ainsi, lorsqu’un enfant est en difficulté à l’école, il lui sera certainement proposé de passer un test pour évaluer son quotient intellectuel, le QI.

Ce test consiste en une série d’épreuves variées, verbales, perceptives, qui testent la mémoire de travail et la vitesse de traitement des informations. Si le QI est un excellent outil de débroussaillage neuropsychologique, il ne constitue qu’un point de départ dans les investigations des aptitudes et des fragilités de l’enfant. En effet, le test du QI est loin d’être complet et certaines facultés ne sont pas du tout évaluées : le langage écrit et l’écriture, par exemple, mais aussi le sens des nombres, la cognition sociale, les fonctions attentionnelles, exécutives, presque rien sur la mémoire, les praxies, etc. De plus, il s’avère que les résultats au test du QI sont très liés à l’environnement dans lequel l’enfant évolue : les enfants de parents qui exercent des fonctions de cadres ont un QI de 109 en moyenne, contre 95 pour les enfants d’ouvriers (source : étude Schiff & Coll., 1986).

La précocité n’explique pas un échec scolaire. Trop souvent diagnostiqués « précoces », les enfants en échec scolaire sont ensuite mal orientés vers des classes spécialisées mais inadaptées et leur handicap réel n’est pas pris en charge. Or, pour Hervé Glasel « un résultat élevé au test du QI ne peut à lui seul imposer un diagnostic de précocité. De plus, même si précocité il y a, elle ne peut pas être une cause de l’échec scolaire. L’intelligence consiste en particulier à savoir s’adapter, à une situation, un problème, etc. Par essence, l’intelligence supérieure ne peut être en soi une cause d’inadaptation scolaire. ». Si un enfant pertinent et intelligent est en échec scolaire, alors il souffre probablement d’un ou plusieurs troubles des apprentissages. « L’enfant intelligent qui présente des difficultés scolaires est exposé aux troubles instrumentaux ou troubles des apprentissages liés à des dys : dyscalculie, dysorthographie, dyslexie, dysphasie, dyspraxie… », précise Hervé Glasel. Trop peu souvent détecté, le diagnostic une fois posé permet pourtant aux parents de prendre en compte les difficultés de leur enfant et de les orienter au mieux. Car en apprenant à contourner leurs difficultés d’apprentissage, les enfants « dys » sont tout à fait capables de suivre une scolarité classique et de devenir de brillants étudiants.

L’école du CERENE accueille les enfants souffrant de troubles de l’apprentissage liés à des « dys » : dyscalculie, dysorthographie, dyslexie, dysphasie, dyspraxie… Conçue comme une passerelle entre l’école primaire et le collège, l’école du CERENE accueille les élèves du CE1 à la 3ème, l’objectif étant que les élèves réintègrent un établissement scolaire classique à l’issue de leur passage au CERENE. Le CERENE accueille aujourd’hui une quarantaine d’élèves, sur deux sites : 134 rue de Saussure, Paris 17e et 38 rue Poliveau, Paris 5e.

Morgane Boileau – Source : l’école du CERENE.

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10 avril 2012