Face à la recrudescence des infections sexuellement transmissibles (IST) constatée depuis plusieurs années, l’Inpes lance une campagne d’information pour inciter au dépistage.

Cette recrudescence est confirmée par les données publiées par l’Institut de veille sanitaire (InVS) dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) consacré aux IST qui est paru hier. Parmi les tendances notables, les infections à chlamydia sont en augmentation constante depuis plusieurs années. Plus de 7 000 cas dont 70 % de femmes ont été recensés par un réseau de 75 laboratoires en France. On note également une recrudescence des infections à gonocoques avec un taux d’augmentation de plus 50% entre 2008 et 2009.

Pour illustrer l’importance du dépistage, l’Inpes met en place un dispositif web au ton décalé afin de sensibiliser les jeunes adultes. Des interviews de « Syphilis », de « Gonocoque » ou d’ « Hépatite B » sont menées et mises en scène de manière percutante. On y voit ces « personnalités » expliquer de façon drôle et pédagogique, comment certaines infections peuvent être asymptomatiques et passer inaperçues, ou comment, non traitées, elles peuvent avoir des conséquences lourdes, alors que les traitements sont généralement efficaces et peu contraignants…

Une recrudescence des infections sexuellement transmissibles

L’infection à chlamydia est l’IST la plus fréquente chez la femme. Sa gravité tient souvent à sa découverte tardive du fait qu’elle passe inaperçue chez 60% à 70% des femmes. Non traitée, cette infection entraîne des risques de salpingite, de stérilité et de grossesse extra-utérine. C’est la principale cause des infertilités dues à l’inflammation des trompes dans les pays industrialisés.

L’hépatite B représente un tiers des IST, alors qu’elle peut être prévenue par la vaccination. Elle touche particulièrement certaines catégories de population (personnes originaires d’Asie, d’Afrique et homosexuels masculins). Cette IST peut entraîner notamment des risques de cirrhose et de cancer du foie.

Les infections à gonocoques
sont en hausse constante depuis 2004. Elles concernent les deux sexes, même si les hommes, notamment homosexuels et bisexuels, sont plus touchés. Cette infection passe le plus souvent inaperçue chez les femmes, alors que ses manifestations sont douloureuses chez les hommes. Chez les femmes, en l’absence de traitement, il existe des risques de stérilité.

L’épidémie de
syphilis est toujours d’actualité depuis 2001, bien que ses caractéristiques aient évolué. Cette IST touche principalement les homosexuels et bisexuels masculins. Depuis quelques années, elle concerne aussi des jeunes femmes. La syphilis entraîne des complications graves en l’absence de traitement : atteinte du cerveau, des nerfs, du cœur etc.

Pour toutes ces IST, on note que les femmes sont touchées plus jeunes (18-24 ans) que les hommes (25 et 29 ans)1. De plus, ces infections peuvent être transmises aux nouveaux nés si leurs mères sont infectées. Face à ce constat, l’objectif de santé publique est double : dépister tôt pour éviter les transmissions au partenaire, et traiter tôt afin d’éviter les complications.

1 InVS, Bulletin des réseaux de surveillance des IST – Rénago, Rénachla et RésIST- Données au 31 décembre 2009

– le site http://www.info-ist.fr/, actualisé pour l’occasion.
– Le numéro thématique du BEH : BEH-2011-IST.

Source : Inpes

Rendez-vous sur Hellocoton !