24hSanté
Suivez nous sur Twitter !Facebook

Infarctus du myocarde: moins de 50 % des Français appellent le 15 !

Selon les résultats de l’observatoire Stent for Life moins de 50 % des Français appellent le 15 lorsqu’ils ressentent les symptômes de l’infarctus du myocarde (IDM). C’est dans ce contexte que la Société Française de Cardiologie, la Société Française de Médecine d’Urgence et le SAMU lancera début avril une campagne de sensibilisation auprès du grand public pour reconnaître les signes de l’IDM et adopter les bons réflexes.

La douleur thoracique, signe révélateur de l’infarctus, est ressentie dans 93,5 % des cas et elle est bien reconnue comme telle pour la quasi-totalité des patients. Toutefois, face à ces douleurs, 1/4 des patients ne passent pas d’appel pour obtenir de l’aide et moins de 50 % ont le réflexe d’appeler le 15 pour une intervention du SAMU – ce qui est le premier geste recommandé pour une prise en charge optimale.

« Encore trop de patients ont le réflexe d’appeler leur médecin généraliste, SOS-Médecins ou leur cardiologue. Le “réflexe” du 15 n’est pas encore entré dans les mœurs. Il faut que cela soit systématique lorsque des douleurs à la poitrine sont ressenties », explique le Pr Martine Gilard, coordinatrice du projet en France, Présidente sortant du Groupe Athérome et Cardiologie Interventionnelle (GACI) et membre de la Société Française de Cardiologie.

Infarctus du myocarde : savoir reconnaître ses symptômes
L’IDM se manifeste le plus souvent par une douleur brutale qui apparaît la nuit ou au repos. Cette douleur se situe dans la poitrine, en arrière du sternum. Il s’agit d’une douleur intense qui serre la poitrine « en étau », pouvant se propager jusqu’aux mâchoires, dans le bras gauche (ou les deux bras), aux deux derniers doigts de la main gauche et parfois dans le dos ou le ventre.
Sont souvent associés à cette douleur un malaise général avec sueurs, pâleur, sensation d’évanouissement, voire syncope et, parfois des difficultés respiratoires et des troubles digestifs (nausées, vomissements), qui peuvent être au premier plan.
Habituellement, la douleur d’IDM sure plusieurs heures, voire 24 à 36 heures.

Adopter les bons réflexes
− Appeler le 15
− S’allonger ou s’assoir
− Rester immobile en attendant l’arrivée des secours
− S’assurer que l’on peut ouvrir la porte
− Ne plus se servir de son téléphone pour pouvoir être rappelé par les services de secours
− Envoyer quelqu’un chercher un défibrillateur automatique si disponible à proximité

Les erreurs à ne pas commettre
− Appeler le cardiologue, le généraliste ou SOS-Médecins
− Bouger, marcher ou faire tout autre effort
− Aller aux urgences soi-même
− Prendre un médicament avant l’arrivée du SAMU ou des pompiers


Professionnels de santé : trop d’intermédiaires

L’observatoire montre que près d’1/3 des patients (29 %) des patients passent par un centre périphérique. Dans ce cas, 227 min s’écoulent entre la première intervention médicale et l’angioplastie – ce qui équivaut à un délai médian plus que doublé par rapport à un passage direct en salle de cathétérisme. Les recommandations européennes précisent que ce délai ne doit pas excéder 120 min.

Un taux d’angioplastie primaire encore trop faible
Si l’angioplastie primaire, traitement de choix de l’IDM, est pratiquée dans plus de 2/3 des cas, près d’1/4 des patients bénéficient d’une thrombolyse, et encore 14 % ne bénéficient d’aucune de ces techniques de reperfusion.

Un circuit optimal unanimement reconnu
Les experts présents ont rappelé que le circuit optimal est bien celui au cours duquel tous les intermédiaires sont supprimés. Ils recommandent donc aux professionnels de santé impliqués dans « La course pour la vie » de suivre le circuit optimal suivant :

Appel du 15 → Intervention du SAMU/SMUR → Admission directe en salle de cathétérisme

C’est dans ce contexte que la Société Française de Cardiologie, la Société Française de Médecine d’Urgence et le SAMU mettent en place une campagne de sensibilisation auprès du grand public ainsi que des médecins généralistes et cardiologues de ville pour apprendre les bons réflexes aux patients :

– application iPhone Infarctus (kit d’urgence à destination du grand public pour reconnaître les signes de l’IDM et adopter les bons réflexes)
– brochure grand public
– affiches pour les salles d’attente des médecins
– newsletter médecins.

Un deuxième observatoire sera mis en place en novembre 2011 pour évaluer l’évolution de la situation.

Source : Société Française de Cardiologie

Rendez-vous sur Hellocoton !

22 mars 2011