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Incendies en Russie : faut-il craindre une pollution radioactive ?

Les incendies qui embrasent la Russie, surtout à l’est et au sud de Moscou risquent-ils d’une part de toucher des zones contaminées lors de la catastrophe de Tchernobyl et d’autre part d’atteindre certaines installations nucléaires russes ? Pour l’heure, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) se veut rassurant.

Entre 2002 et 2006, l’IRSN a déjà pu mesurer une très faible contamination de l’air au dessus de la France lors d’incendies de forêts très importants en Biélorussie, Ukraine et en Russie. Cependant, les niveaux de concentration en particules de césium sont tellement bas qu’ils ne peuvent absolument pas engendrer une inquiétude sanitaire. Deux sites nucléaires sont actuellement sous la surveillance des  autorités russes :

– le site du Centre fédéral de recherche nucléaire militaire de Sarov, situé à 500 km à l’est de Moscou. Les autorités russes ont annoncé, dans l’après-midi du 4 août 2010, l’évacuation des matériaux explosifs et radioactifs du centre.
le site nucléaire de Novo-Voronej, situé à 600 km au sud-est de Moscou. Ce site comprend 2 réacteurs VVER 440 en fonctionnement mis en service en 1971 et 1972, un réacteur VVER 900 en fonctionnement mis en service en 1980, 2 réacteurs AST 500 en cours de construction (mise en service prévue en 2012/2013) et 2 réacteurs arrêtés en 1988 et 1990 et en cours de démantèlement. Les autorités russes ont pour le moment démenti tous risques pour ces installations. Dans le cadre de sa mission de surveillance permanente de la radioactivité dans l’environnement en France, l’IRSN va porter une attention toute particulière au suivi des particules qui pourraient atteindre notre territoire, et à l’analyse de leurs éventuelles retombées au sol.

Le gouvernement russe a cependant fait part de sa crainte que les incendies se propagent à une zone irradiée par l’explosion en 1986 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, ce qui pourrait renvoyer des particules radioactives dans l’atmosphère. L’association écologiste Robin des Bois, qui semble bien connaître le dossier nucléaire russe et ex-soviétique fait état de « sites poubelle » sites de stockage de plutonium, d’uranium enrichi, d’assemblage et de désassemblage de bombes nucléaires qualifiés par l’association de « dépotoir de déchets ».  Les autorités russes ont manifestement du mal à évaluer l’ampleur des conséquences de cette catastrophe météorologique. Concernant les zones à risques,  le ministre des Situations d’urgence, Sergueï Choïgou, a estimé que: « si un incendie s’y déclarait, des substances radioactives pourraient s’envoler avec la fumée et une nouvelle zone polluée apparaîtrait”, tout en précisant que la zone était « surveillée attentivement ».  On peut cependant faire une premier constat: la communication des autorités russes n’a guère évolué depuis l’époque soviétique. Jeudi en effet, le gouvernement russe estimait le nombre de morts des suites des incendies à 50, ce qui paraît ridiculement bas. Compte tenu de l’ampleur des incendies, le nombre de personnes disparues ou décédées est sans guère de doute bien supérieur. Pourquoi, dès lors, minimiser les conséquences de ces incendies? Tout d’abord parce que la tradition russe, celle du secret, perdure encore aujourd’hui. Ensuite parce que les autorités russes ne souhaitent pas révéler l’existance de sites autrefois classés “secret défense”, pas forcément déclassés aujourd’hui, mais totalement “hors normes”, c’est-à-dire hors d’âge et peu, voire pas du tout sécurisés.

« Incendies de forêts dans les pays de l’Est : mesures de la contamination de l’air par l’IRSN » (document pdf)
http://www.irsn.fr/
http://www.robindesbois.org

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6 août 2010