Qui n’a pas contemplé d’un œil navré ces tilleuls taillés –à la machine- comme des marteaux, ces platanes mutilés au point de ressembler à des poireaux ? Ce n’est pourtant pas la saison : a-t-on idée d’élaguer des arbres en plein été au point d’aggraver leur détresse hydrique par manque de feuillage ?

Pas une municipalité ou presque n’échappe à cette manie ridicule, inesthétique au possible, celle de l’élagage mécanique. Le pire -et le plus drôle- c’est que ces mauvais traitements infligés aux arbres (marronniers décimés sur ordre par la faute d’une bactérie bulgare tout à fait inoffensive, tilleuls tondus comme des bagnards, platanes exsangues tendant vers le ciel les rameaux nus de leur souffrance…) sont à mettre au bilan de municipalités qui multiplient par ailleurs les campagnes les plus « vertes » et les gestes les plus « citoyens » en faveur d’une écologie de patronage souvent un peu ridicule : a-t-on fait le compte de ce que coûte l’arrosage de ces grosses vasques en béton dégoulinantes de pétunias criards ? Carburant, eau, main d’œuvre… Pendant que l’on multiplie les massifs en ville, les pieds des arbres sont désherbés par des équipes de forcenés : ainsi des roses crémières qui poussent spontanément là où elles se plaisent, qui sont exterminées…  à l’eau chaude par des maniaques de la lance. Pour la plupart incompétents et totalement ignorants : il suffit d’observer de quelle façon sont taillés les rosiers buissonnants dans certaines villes : au « rotofil ». Ah, les cochons !

Revenons à nos chers tilleuls. Voilà des arbres qui ne demandent rien à personne, d’un port généralement gracieux, dont les feuilles ont le bon goût de sécher et de disparaître sans laisser de traces. Autrefois, ils embaumaient les cimetières : au mois de juin, leurs fleurs, dont on extrait tisanes (hum, d’un goût plutôt pharmaceutique…) et parfums dégagent une odeur particulièrement suave et presque entêtante. Une merveille. Peut-on encore aujourd’hui sentir cette fragrance un peu démodée, Que nenni ! Dès la fin mai, les maniaques de la tronçonneuse taillent ces pauvres tilleuls de la façon la plus militaire qui soit : « J’veux voir qu’une tête ». De marteau.

Peut-on faire autrement ? Mais oui, et à l’anglaise ! Mais c’est plus cher… De quoi s’agit-il ? Promenez-vous dans Paris –où les arbres sont littéralement bichonnés, bravo !- et observez les bûcherons. Ils taillent les arbres « en creux », c’est-à-dire qu’ils éclaircissent le houppier (les branches feuillues) pour laisser passer la lumière et donc limiter la croissance de l’arbre sans pour autant lui donner l’allure d’un poireau. C’est plus cher… et plus lent. Mais tellement plus beau.

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