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Don d’organes : 200 personnes meurent en attente d’une greffe chaque année en France

Alors que se déroule le 22 juin la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe le 22 juin, la FNAIR (Fédération nationale d’aide aux insuffisants rénaux) souhaite rappeler l’importance qu’il y a à accorder aux coordinations hospitalières des prélèvements, « trop souvent déconsidérées et spoliées de leurs moyens de fonctionnement ».

« C’est pourtant l’un des principaux leviers qui nous permettront, comme c’est le cas en Espagne, de lutter contre la pénurie de greffons. Chaque année en France, 200 personnes meurent en attente d’une greffe », estime association.

Selon l’Agence de la biomédecine, le nombre des refus de prélèvement sur des personnes en mort encéphalique par les familles continue d’augmenter avec 33,7 % d’oppositions en 2012 (contre 28,2% en 2007). « Un chiffre qui fait de la France un des plus mauvais élèves européens », souligne la FNAIR.

Pourtant, les Français 79 % des Français indiquent être prêts à donner leurs organes après leur mort (sondage réalisé en février 2013 par Opinionway sur un échantillon représentatif de 1017 personnes). « Dès lors, il est urgent de s’interroger sur les conditions pour avoir une coordination de prélèvements efficace », estime l’association.

Le modèle espagnol

L’Agence de la biomédecine lance la campagne : « Maintenant. C’est le bon moment pour dire à vos proches si vous êtes ou non pour le don d’organes. ».

« Figure-clé du modèle espagnol, le coordinateur de transplantation est en terre hispanique un professionnel reconnu (souvent un médecin hospitalier d’un service de soins intensifs) et plus de 11 000 personnes ont été formées à ce jour », indique la FNAIR rappelant qu’en France, « cette fonction est majoritairement occupée par des infirmier(e)s qui, en moyenne au terme de 5 ans d’expérience, lorsqu’ils (elles) sont le plus performants, reviennent à leur activité de soins ». En cause, selon l’association, « le manque d’attractivité du poste qui ne fait l’objet d’aucun statut particulier, alors même que leur fonction implique des connaissances de réanimation, de bloc opératoire, d’entretien avec les familles et même de transferts de compétences avec les médecins ». La FNAIR souhaite ainsi que ces infirmier(e)s disposent « d’une véritable reconnaissance de leurs savoirs et de leur expérience, au travers notamment d’une rémunération adéquate ».

Autre situation dénoncée par l’association, le fonctionnement des coordinations hospitalières « avec des postes vacants ». Selon la FNAIR, les directions hospitalières « détournent une partie de l’argent des coordinations pour assurer le fonctionnement général de leur établissement ». Une dérive déjà signalée à l’Agence de la biomédecine et à diverses Agences régionales de la Santé ARS). La FNAIR demande qu’une enquête soit diligentée par le Ministère de la Santé pour identifier ces dysfonctionnements.

Dernier point soulevé par l’association, le manque de confiance dans le système.  « Cette confiance manque cruellement en France, compte-tenu de l’état des urgences », estime-t-elle. Comme le confie Jean-Marie Letort, responsable médical de la coordination hospitalière des prélèvements d’organes et de tissus à l’hôpital de Brest, « le personnel est insuffisant et n’a pas le temps de s’occuper des malades et lorsque les familles et les malades se retrouvent dans cette situation de « maltraitance passive », un conflit apparaît, qui peut se résumer ainsi : « on n’a pas pris soin de mon proche, de ma famille, pourquoi est-ce que je prendrais soin des autres via le don d’organes ? ».

« Le besoin de réassurance des familles est énorme et la France aurait fort à gagner à mettre en place une permanence téléphonique pour répondre aux questions et inquiétudes légitimes (en Espagne, une ligne disponible 24h/24 est entièrement dédiée à cet usage) », propose enfin la FNAIR.

Plus d’information : www.fnair.asso.fr

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21 juin 2014