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Chimiothérapie : vers une meilleure compréhension des effets secondaires

Troubles de la perception, de l’audition, acouphènes… Le cisplatine, un agent anticancéreux utilisé couramment pour traiter différentes tumeurs, peut provoquer des effets secondaires à court terme. Des scientifiques  du CNRS et de l’Université de Nice viennent, pour la première fois, d’en découvrir le mécanisme. Des résultats qui laissent espérer des pistes potentielles pour améliorer la chimiothérapie des composés à base de cisplatine.

En effet, ce traitement à base de platine et très utilisée dans le traitement de plusieurs cancers chez l’Homme, possède un inconvénient majeur. Certains patients présentent très rapidement, dans la demi-heure voire l’heure qui suit l’injection, des effets secondaires : troubles de la perception, troubles de l’audition, acouphènes et parfois disfonctionnements de l’oreille interne conduisant à des pertes d’équilibre. Des effets neurologiques pénibles qui peuvent amener le patient à interrompre le traitement, même si celui-ci est efficace. Mieux connaître ces effets secondaires à court terme s’avère donc primordial.

Les chercheurs ont découvert que le cisplatine, indépendamment de son action sur l’ADN, est capable de modifier en quelques minutes l’architecture des membranes cellulaires. Or, la membrane cellulaire recèle de nombreuses protéines sensibles à la pression et à l’étirement. Ces senseurs servent notamment à régler le seuil de déclenchement de la douleur dans les fibres nerveuses périphériques, à percevoir les ondes sonores et la « verticalité » dans le système vestibulaire de l’oreille . Poussant leurs investigations, les scientifiques sont parvenus à démontrer que le cisplatine perturbe le fonctionnement de ces capteurs mécanosensibles, ce qui expliquerait la survenue des effets neurologiques. Ils ont identifié et décrit un nouveau mécanisme par lequel cet agent anticancéreux agit. Ce processus pourrait ainsi expliquer la survenue des effets secondaires à court terme du cisplatine.

Ces résultats permettent d’envisager l’optimisation des traitements anticancéreux à base de platine, en les associant à des composés limitant ces effets secondaires à court terme. Les tester chez l’animal est désormais la prochaine étape pour les chercheurs.

Source : CNRS

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3 octobre 2010