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Alcool, cannabis, cocaïne… Certains métiers plus exposés que d’autres

L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) publie les premiers résultats de son Baromètre santé* consacré aux consommations de substances psychoactives en milieu professionnel. Ainsi, certains secteurs professionnels présentent une part plus importante d’usagers de substances psychoactives.

Ainsi, les consommations d’alcool, qu’il s’agisse de l’usage quotidien ou des consommations ponctuelles importantes, sont particulièrement fréquentes dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche (16,6 % d’usage quotidien contre 7,7 % parmi l’ensemble des actifs âgés de 16 à 64 ans) et de la construction (13,4 % d’usage quotidien). Ces secteurs sont également particulièrement touchés par les consommations ponctuelles importantes mensuelles [1] (30,7 % dans le secteur de l’agriculture et de la pêche et 32,7 % dans le secteur de la construction contre 19,2 % parmi l’ensemble des actifs), ainsi que les secteurs de l’industrie (26,2 %), l’hébergement et la restauration (26,9 %).

La consommation actuelle de cannabis (usage au cours de l’année) s’avère plus fréquente dans la construction (13 % de consommateurs dans l’année contre 6,9 % parmi l’ensemble des actifs), l’hébergement et la restauration (12,9 %),mais de manière encore plus prononcée dans les arts et spectacles (16,6 % de consommateurs dans l’année).

Pour ce qui est de l’expérimentation d’autres drogues illicites (cocaïne, ecstasy, poppers, champignons hallucinogènes), le milieu de la construction apparaît plus souvent expérimentateur de cocaïne et de champignons hallucinogènes, tandis que les milieux de la restauration, de l’information/communication, et des arts et spectacles sont particulièrement consommateurs de toutes ces autres drogues (cocaïne, ecstasy, poppers, champignons hallucinogènes).

A l’inverse, quatre secteurs d’activités ont des consommations significativement plus faibles que le reste des actifs : l’administration publique, l’enseignement, le milieu de la santé humaine et de l’action sociale, et les activités de services des ménages [2].

« Toutefois, les analyses par secteur d’activité sont à interpréter avec précaution », note l’Inpes, notamment du fait du caractère fortement sexué de certains d’entre eux. Par exemple le secteur de la construction compte 90 % d’hommes et la santé/action sociale 83 % de femmes) et des différences de consommation de certaines substances selon le genre.

Enfin, l’Inpes souligne que ces résultats ne doivent pas occulter le fait que l’exercice d’une activité professionnelle reste globalement un facteur de protection des conduites addictives, comparée à la situation de recherche d’emploi. Ainsi, au même titre que l’installation en couple ou la naissance du premier enfant, l’entrée dans le monde du travail semble être l’occasion d’un abandon des consommations de substances psychoactives pour une majorité des personnes consommatrices au cours de leur jeunesse.

Source : Inpes

* Le Baromètre santé 2010 a été mené du 22 octobre 2009 au 3 juillet 2010 auprès de 27 653 personnes âgées de 15 à 85 ans. Une telle taille d’échantillon permet de disposer d’estimations précises sur l’ensemble de la population résidant en France métropolitaine mais aussi par sous-groupes de populations.

1- Avoir bu au moins six verres en une occasion au moins une fois par mois.

2 – Femmes de ménage, cuisiniers ou cuisinières, serveurs, valets de chambre, maîtres d’hôtel, blanchisseuses, jardiniers, portiers, palefreniers, chauffeurs, concierges, gouvernantes, gardiennes d’enfants à domicile (baby-sitters), précepteurs, secrétaires, etc.

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16 janvier 2012