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Cancers du sein : 70 % des patientes ne se font pas « reconstruire » après ablation d’un sein

Et 80 % des femmes interrogées ont déclaré que c’était un choix personnel. Ces chiffres surprenants sont le résultat d’une étude réalisée à l’Institut Curie par le Dr Delphine Hequet (1) auprès de 1 937 patientes ayant subi une ablation du sein entre janvier 2004 et décembre 2007.

Rappelons que 53 000 nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués chaque année (2). « Il faut préciser que la décision de pratiquer ou non une reconstruction est très dépendante du type de cancer. Si 35 % des femmes opérées pour un cancer in situ ne se font pas reconstruire, cela atteint 75 % chez les femmes prises en charge pour un cancer invasif » précise le Dr Séverine Alran, chef du service de chirurgie sénologique et gynécologique à l’Institut Curie.
Une patiente explique : « Ma priorité a été d’abord de retrouver une santé physique et de l’énergie, et une santé financière… pour mon entreprise ». La reconstruction n’apparaît donc pas toujours comme une préoccupation première pour les femmes.

Accompagner et respecter le choix des patientes
Pour mieux comprendre les attentes des patientes, le Dr Delphine Hequet à l’Institut Curie a étudié les raisons – personnelles et médicales – pour lesquelles les femmes n’ont pas eu de reconstruction. Elle a envoyé un questionnaire à 10 % des patientes de l’étude n’ayant pas eu de reconstruction, soit 132 patientes.

80 % des femmes interrogées ont déclaré que c’était un choix personnel.
Les raisons de ce choix sont très variées :

–  56 % disent refuser une nouvelle chirurgie comme l’illustrent les propos de cette patiente « Le courage pour engager une reconstruction m’a manqué et mon mari trouve mon physique original ».

38 % acceptent l’asymétrie de leur corps. « Au début, j’ai eu un refus de mon corps, je ne le supportais pas, puis, petit à petit, je me suis acceptée avec un sein un moins, mais je reconnais que cela a été difficile. Maintenant je me regarde comme avant. »
– 29 % ont peur du risque de complications et pour 20 % c’est la peur de masquer une récidive. « Aujourd’hui, la reconstruction ne m’intéresse plus, déclare une des femmes interrogées, car j’ai peur des risques de complications, de subir une nouvelle chirurgie et de cacher une récidive du cancer. »

– 25 % évoquent leur âge trop avancé « Mon âge au moment de l’ablation m’a fait pencher vers la solution la plus simple…ne rien faire. Je n’en ai à ce jour aucun regret. ».

18 % indiquent que l’asymétrie de leur corps a été acceptée par leur conjoint.

14 % mentionnent le coût financier.

9 % refusent par crainte des douleurs.

L’étude mentionne également que la moitié des patientes interrogées demande une information plus complète sur la reconstruction. « En tant que, chirurgien cancérologue, nous devons améliorer cette information dès la prise en charge initiale d’une patiente à qui une ablation du sein est proposée, de manière à ce que la décision de non-reconstruction ou de reconstruction du sein (3) soit un vrai choix personnel » conclut le Dr Séverine Alran.

1 Etude réalisée dans le cadre de la thèse de médecine du Dr Delphine Hequet, sous la direction du Dr Séverine Alran
2 Projections de l’incidence et de la mortalité par cancer en France pour l’année 2011. Hospices Civils de Lyon/InVS/INCa/Francim/Inserm.

Source : Institut Curie

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6 octobre 2011