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Alimentation: le hard discount pourrait-il faire grossir ?

Une étude de l’Inserm montre une association entre la fréquentation de certains hypermarchés et enseignes « hard discount » et l’excès de poids des clients. Si aucun lien de cause à effet ne peut être établi à ce stade, ces résultats suggèrent toutefois que ces supermarchés pourraient constituer de nouveaux lieux d’intervention pour mener des actions de prévention nutritionnelle.

Une équipe de l’Inserm s’est intéressée aux lieux habituels d’achats des produits alimentaires. Pour cela, elle a interrogé 7131 personnes habitant dans dix quartiers parisiens et 111 villes de banlieue sur leurs habitudes d’achats.

Les auteurs ont demandé à ces personnes où elles faisaient le plus souvent leurs courses et ont listé précisément tous les magasins de quartier et les supermarchés fréquentés par les participants, soit 1097 au total. Ils ont ensuite examiné le lien entre ces supermarchés, l’indice de masse corporelle et le périmètre abdominal des personnes les utilisant.

« Dans ce travail, nous avons tenu compte de nombreuses variables afin de chercher à isoler les liens entre profil métabolique et lieu d’achats », explique Basile Chaix. Les auteurs ont ainsi intégré à leur modèle des facteurs socioéconomiques individuels comme le niveau d’instruction ou de revenus, mais également du quartier de résidence en s’appuyant par exemple sur le niveau d’instruction des populations ou les prix de l’immobilier. Enfin, ils ont inclus plusieurs caractéristiques concernant les magasins (enseigne, type, taille, etc.).

Les hypermarchés et les hard discount montrés du doigt
Les résultats montrent que les personnes fréquentant un même magasin ont un profil métabolique proche. En outre, certaines enseignes sont associées à un indice de masse corporelle et un périmètre abdominal plus importants. C’est le cas de certains hypermarchés mais surtout des magasins hard discount, notamment chez les personnes à faible niveau d’instruction. Pour Basile Chaix, ces associations renvoient à deux hypothèses explicatives concurrentes ou complémentaires. « On peut se demander si certaines enseignes constituent un environnement alimentaire défavorable ou si les associations observées sont liées à un défaut d’ajustement de notre modèle qui ne tient pas compte des préférences alimentaires, précise-t-il. Il faut donc aller plus loin dans les investigations ».

L’étude réalisée ne permet donc pas d’établir un lien de cause à effet entre les enseignes de supermarché et le profil nutritionnel de leurs clients. Néanmoins, « que ce lien soit causal ou non, cette étude montre que les supermarchés constituent un lieu potentiellement pertinent pour développer des interventions (diffusion de messages nutritionnels ou autres actions de santé publique) et permet d’identifier ceux dans lesquels de telles interventions sont plus particulièrement utiles pour s’attaquer à l’épidémie d’obésité et à sa distribution inégalitaire », conclut Basile Chaix.

Source : Inserm

Chaix et coll. Associations of supermarket characteristics with weight status and body fat : a multilevel analysis of individuals within supermarkets (RECORD Study). PLoS ONE 7(4): e32908. doi:10.1371/journal.pone.0032908

 

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13 avril 2012