Selon l’enquête Ifop-JNA « Acouphènes et hyperacousie : fléaux du 21e siècle » réalisée à l’occasion de la 21e édition de la Journée Nationale de l’Audition qui se déroule le mars 2018, 4 millions de Français souffrent aujourd’hui d’acouphènes permanents et 12 à 14 millions déclarent des acouphènes irréguliers ou permanents. 8% de la population est concerné par l’hyperacousie.

Le nombre d’individus est loin d’être anodin et ce sont les jeunes de moins de 35 ans les plus touchés. Les experts scientifiques et médicaux de l’association JNA, s’inquiètent du nombre d’individus souffrant d’acouphènes ou d’hyperacousie qui ressortent de consultation médicale sans solution proposée (*) ; soit 50%

Ces symptômes ORL sont source de gênes significatives de la vie sociale et de déséquilibre de l’état général de santé. La gêne exprimée est encore plus élevée dans le cas d’hyperacousie. Des solutions existent pour éviter des pathologies plus graves, la détresse, le sentiment d’impuissance et arrêter le nomadisme médical.

Première solution : consulter un médecin ORL
De manière générale 2 Français sur 3 n’a jamais fait contrôler son audition. Seulement 1 individu sur 3 souffrant d’acouphènes a consulté. Et 50% des patients acouphéniques est ressorti sans solution des consultations dont 67% des 15-54 ans ! De même pour les personnes souffrant d’hyperacousie. Or une perte auditive est généralement associée aux acouphènes.
En effet, 4 personnes sur 10 souffrant d’acouphènes déclarent une perte auditive associée. Une déficience auditive non gérée représente un facteur aggravant de déséquilibre de la vie sociale et de l’état de santé. Sans suivi médical, il est aussi possible des pathologies plus lourdes peuvent aggraver l’état de santé. Des réseaux pluridisciplinaires d’accompagnement pilotés par des médecins ORL existent (informations www.france-acouphenes.org).

www.journee-audition.org
Le site www.journee-audition.org

Deuxième solution : pratiquer la mise à distance de ses acouphènes
Avec l’arrivée des acouphènes, un nouveau sport cérébral s’impose : mettre à distance ses acouphènes. Seul ou accompagné par des professionnels spécialisés pour ces pathologies, psychologues, praticiens TCC, sophrologues… il est indispensable de ne pas se laisser envahir par les acouphènes. Cela demande de développer une philosophie de vie portée sur le positivisme et d’aller chercher en soi des forces de résilience. Les acouphènes sont plus présents lors des périodes de fatigue, de doutes et de stress. Autant d’instants où la force mentale est fragilisée. Apprendre les techniques d’habituation permet de mieux gérer ces phases. L’association France Acouphènes a développé des permanences d’échange et une ligne d’écoute gérée par des bénévoles afin de mieux vivre avec les acouphènes ou l’hyperacousie.

Troisième solution : porter des aides auditives lorsque nécessaire
Lorsqu’une perte de l’audition est associée aux acouphènes, la solution aides auditives classiques peut permettre à la fois de mieux comprendre la parole dans les différentes situations de vie et de gérer les acouphènes. Des programmes acouphènes sont intégrables aux aides auditives. Que ce soit en masquant l’acouphène ou en le recouvrant, ces programmes favorisent un confort retrouvé.

Quatrième solution : éviter la survenue des acouphènes
Une partie des causes de survenue des acouphènes est évitable. Notamment celles concernant les expositions sonores de loisirs (musique, bricolage, chasse …) ou professionnelles qui sont sources de traumatismes sonores aigus ou chroniques. Porter des protections, éviter des expositions toxiques, faire des pauses pour permettre au système auditif de récupérer font partie des bonnes pratiques.

Cinquième solution : reconnaître la réalité sanitaire de ces symptômes
Enfin, au niveau national, une politique volontariste reposant sur la reconnaissance de ces symptômes parmi les causes de santé publique permettrait d’offrir un cadre officiel étayant et des programmes de prévention dédiés. Il s’agit là de reconnaître la réalité de ces impacts sanitaires et d’agir au travers d’une politique active de santé publique mettant le patient au coeur des pratiques de vigilance, d’observance et d’accompagnement.

Lors de cette 21e édition de la Journée Nationale de l’Audition, l’association JNA et France Acouphènes mobilisent plus de 3 000 acteurs de la prévention et de la santé pour développer l’information, favoriser le repérage et l’orientation ; tout simplement offrir une écoute thérapeutique. Afin d’appuyer la nécessité de cette reconnaissance, l’association JNA et France Acouphènes initie le lancement d’une étude épidémiologique.

Informations sur les participants locaux : www.journee-audition.org

(*) Enquête Ifop- JNA réalisée avec le concours de France Acouphènes, la Fondation Pour l’Audition et le groupe APICIL ; Echantillon de 1003 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing) du 9 au 12 Février 2018.

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