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Acné : comment la traiter ?

Cette maladie de peau touche 80% des adolescents. L’acné peut se manifester sous des formes sévères avec des risques de cicatrices mais peut aussi altérer la qualité de vie et le quotidien.

Alors que certains traitements de l’acné ont fait l’objet d’alertes et que les traitements prescrits sont suivis par moins d’un patient sur deux, compromettant leur efficacité, la Société Française de Dermatologie (SFD) vient de publier de nouvelles recommandations, labellisées par la Haute Autorité de Santé (HAS).

Qu’est-ce que l’acné ?
L’acné est une maladie chronique de la peau qui touche les glandes qui sécrètent le sébum. Elle provoque l’obstruction des pores de la peau et l’apparition de différentes lésions : comédons (points noirs et blancs) et « boutons » (papules, pustules voire nodules). En fonction des lésions présentes et de la surface de peau atteinte, l’acné présente plusieurs niveaux de sévérité : très légère, moyenne, sévère et très sévère.

La SFD souligne que « l’acné est une maladie qui peut avoir de véritables répercussions psychologiques et altérer la qualité de vie : troubles de l’humeur, dépression, altération de l’image de soi, difficultés relationnelles… » Dans les cas sévères, l’acné peut également entraîner la formation de cicatrices occasionnant dans les cas les plus graves un aspect grêlé du visage.

Les recommandations issues des travaux du Centre de Preuves en Dermatologie qui associe trois instances de la dermatologie (la SFD, société savante de la spécialité, le CEDEF*, Collège des Enseignants, la FFFCEDV**, association de formation continue des Dermatologues libéraux) préconise la prise en charge de l’acné dans 2 situations :

En cas d’acné sévère et/ou avec un risque de cicatrices : quel que soit le degré de sévérité clinique, si l’acné a un retentissement psychosocial sur la personne, si elle porte atteinte à sa qualité de vie ou si elle interfère dans sa relation avec les autres.

Un traitement à adapter selon la sévérité de l’acné et les préférences du patient.
Les traitements locaux, qu’il s’agisse de crèmes ou de gels, à base de peroxyde de benzoyle et les rétinoïdes sont à privilégier pour une acné légère à moyenne. Un antibiotique (doxycycline ou lymécycline par voie orale) peut toutefois être prescrit en complément et selon le cas pour une acné moyenne. L’isotrétinoïne sera réservée aux acnés sévères et très sévères et avec un risque cicatriciel.
La SFD rappelle que « la prise en compte des préférences du patient est particulièrement important ». En effet, aucun traitement de l’acné n’est efficace immédiatement, il faut quelques semaines avant l’obtention d’une amélioration et le bon suivi du traitement est gage de sa réussite. Or à ce jour, moins d’un patient sur 2 (de 32 à 50%) suit correctement le traitement qui lui a été prescrit.

Quelles précautions prendre ?
Concernant l’usage d’antibiotiques, comme c’est le cas pour d’autres maladies, il convient de limiter leur utilisation aux situations où ils sont nécessaires afin de limiter l’émergence de souches bactériennes résistantes. Concernant l’isotrétinoïne, l’usage est proscrit chez les femmes enceintes. Pour s’assurer qu’aucune grossesse ne se déroule ou débute durant ce traitement, un test de grossesse négatif doit impérativement être fourni avant chaque prescription et renouvelé chaque mois par les femmes pendant la durée du traitement et 5 semaines après.
L’augmentation du risque de troubles dépressifs avec l’isotrétinoïne n’a pas été observée dans les études sur un grand nombre de patients mais a été exceptionnellement suspectée dans des cas individuels. Pour cette raison le patient doit communiquer à son médecin – avant le début d’un traitement – tous ses éventuels antécédents personnels et familiaux de troubles psychologiques et psychiatriques et avoir un suivi rapproché notamment au début du traitement.

Acné et pilules contraceptives
« Si certaines pilules contraceptives peuvent avoir un effet positif sur l’acné, on ne peut prescrire un contraceptif à une femme qui n’a pas besoin de contraception ou de ce type de contraception », rappelle la SFD. « Le choix du type de contraception doit être une décision partagée entre le gynécologue et la femme en tenant compte de ses préférences et de ses différents risques (notamment du risque accru de maladie thromboembolique veineuse pour les pilules de 3e ou 4e génération) », poursuit-elle.
Si un contraceptif doit être prescrit à une femme présentant de l’acné, il sera recommandé de prescrire en première intention du lévonorgestrel (2e génération) et en seconde intention du norgestimate (assimilé 2e génération) qui comporte une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour la contraception chez la femme présentant une acné.
« Les anti-acnéiques Diane 35 et ses génériques – ayant également des propriétés contraceptives – ne peuvent être envisagés qu’en dernière intention si l’acné persiste malgré un traitement dermatologique bien conduit, en concertation avec la patiente et un gynécologue, et en tenant compte des caractéristiques de la femme, concernant notamment le risque thromboembolique », précise enfin la SFD.

Pour en savoir plus, consulter le site de la SFD

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20 octobre 2015