Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), on estime à 365 000 les nouveaux cas de cancers en France en 2011. Les cancers de la prostate chez l’homme (71 000 cas incidents) et du sein chez la femme (53 000 cas) sont les plus fréquents. Viennent ensuite chez l’homme, les cancers du poumon (27 500 cas) du côlon-rectum (21 500 cas) et chez la femme, les cancers du côlon-rectum (19 000 cas) et du poumon (12 000 cas).

En 2008, le nombre de nouveaux cas de cancers dans l’Union européenne est estimé à environ 2,4 millions dont 1,3 million (54 %) d’hommes et 1,1 million (46 %) de femmes.

L’Anses, l’INCa (Institut national du cancer) et l’alliance Aviesan (Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé) ont réuni le 12 décembre à Paris près de 400 chercheurs, professionnels de santé et représentants d’institutions et d’associations pour dresser un état des lieux des connaissances sur les liens entre expositions environnementales et cancers.

Si l’on considère tous les cancers de façon confondue, l’incidence annuelle des cas de cancers augmente alors que la mortalité par cancer diminue. L’évolution à la baisse de la mortalité observée en France est pour une large part à mettre sur le compte d’une amélioration des dépistages précoces et d’une meilleure prise en charge des personnes diagnostiquées. L’accroissement de l’incidence des cancers est lié notamment à l’allongement de la durée de la vie et à une meilleure identification des cancers déjà présents par les dépistages, désormais mieux acceptés socialement. Toutefois ces deux facteurs ne suffisent pas à eux seuls à expliquer cette évolution.

L’augmentation de l’incidence des cancers est observée partout dans le monde et le nombre de nouveaux cas de cancers augmente de manière très significative, notamment dans les pays en voie de développement.

Pour seulement 5 à 10 %, une cause endogène (altération génétique) est identifiée. Les autres, soit 90 à 95 % des cancers, sont liés à des causes exogènes, c’est-à-dire, à l’environnement au sens large. Celui-ci inclut les modes de vie (tabac, alcool, sédentarité, habitudes de consommations alimentaire, exposition solaire…) et les expositions à des facteurs environnementaux naturels (radon…), aux agents chimiques, physiques et infectieux de l’environnement général et professionnel. Les conditions socio-économiques, mais aussi géographiques, lorsqu’elles sont défavorables, constituent également un facteur de risque.

Les participants ont cherché à mieux comprendre les liens entre environnement au sens large et cancers. Le rôle de certains facteurs environnementaux comme l’amiante, l’arsenic, les émissions de four à coke la fumée de tabac ou encore les virus HPV est clairement établi.

En revanche, les effets cancérogènes de nombreux agents chimiques et physiques sont aujourd’hui suspectés ou possibles mais sans être à ce jour avérés. La mise en évidence des risques éventuels encourus soulève des difficultés méthodologiques : expositions à de faibles doses difficiles à quantifier, périodes de latence très longues entre l’exposition et l’apparition de la maladie, etc… De plus, estimer les expositions combinées à plusieurs produits chimiques et les risques associés constitue un défi scientifique.

En effet, la mise en évidence d’un risque éventuel chez l’homme suppose des études épidémiologiques de cohorte impliquant de larges effectifs et une évaluation des expositions.

Plusieurs études, présentées lors de la journée, ont illustré la difficulté d’évaluer quantitativement les expositions. La compréhension des liens entre la pluralité d’agents présents dans l’environnement et des cancers reste donc difficile. Les grandes études menées sur de larges effectifs de population depuis quelques décennies fournissent des réponses sur certains facteurs environnementaux (expositions à des radiations ionisantes durant l’enfance, travail de nuit, radon, etc.) Toutefois, en l’état actuel des connaissances, la progression de l’incidence des cancers les plus fréquents (sein, prostate, colorectal…) reste en partie inexpliquée.

Ce colloque a mis en avant le besoin d’harmoniser les méthodes d’évaluation des expositions afin de pouvoir comparer les résultats des études épidémiologiques. Il a montré la nécessité de développer des recherches sur les biomarqueurs et les mécanismes d’action pour améliorer l’évaluation des expositions. Le colloque a montré aussi les progrès de la génomique et de la protéomiques qui permettraientt de disposer de biomarqueurs d’exposition à des substances ou d’effets précoces. L’importance de la prise en compte des vulnérabilités et des périodes critiques d’expositions (période prénatale…) a également été soulignée.

Source : Anses

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