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1ère greffe des 2 mains : 10 ans après

Le 13 janvier 2000, Denis Chatelier recevait une double greffe de mains et entrait, avec l’équipe du Pr Dubernard du CHU de Lyon, dans la grande histoire des premières mondiales. Depuis, 4 autres personnes ont bénéficié d’une double allogreffe de mains.

Dix ans plus tard, l’équipe lyonnaise est toujours celle qui a réalisé le plus de doubles greffes de mains au monde : un espoir pour toutes les personnes mutilées. Lyon a aujourd’hui une nouvelle ambition : la création d’un Institut Hospitalo Universitaire de la Transplantation.

Comment apprend-on à vivre avec les mains d’un autre ?

Denis Chatelier témoigne auprès d’Anne-Sophie Léonard, journaliste à la Direction de la Communication des Hôpitaux Civils de Lyon : « J’ai retrouvé un travail depuis 2003, une vie et une activité normales». Son combat a pourtant été long : « J’ai attendu mes greffes de mains pendant quatre ans. Aujourd’hui, cela fait dix ans que je vis avec ces mains-là, que je les promène avec moi. Je me suis habitué à elles. Pourtant, je pense tous les jours au donneur. Au niveau de la rééducation, ce qui a été le plus difficile pour moi a été de récupérer la sensibilité. ».

Denis Chatelier, aujourd’hui greffé, n’oublie pas et tente de sensibiliser le grand public « Je suis heureux de partager mon expérience avec d’autres greffés. J’en ai rencontré plusieurs avant leur greffe. Je me souviens de certaines remarques blessantes, notamment lorsque quelqu’un a refusé de me serrer la main, parce que, pour lui, c’était la main d’un cadavre. J’ai entendu ce type de réflexions plus d’une fois. On m’a appelé souvent Robocop aussi. Mais aujourd’hui, j’estime que j’ai vécu une belle aventure et je me sens utile d’aider les autres dans la détresse. »

Les perspectives pour demain

Grâce à ces avancées, le CHU de Lyon a construit une expertise dans les domaines de l’immunologie de la transplantation, des neurosciences et de la psychologie. Les perspectives sont nombreuses : greffer des mains chez les nouveau-nés qui en sont dépourvus et à terme de supprimer pour eux le traitement immunosuppresseur, passer de la greffe d’avant-bras à la greffe de bras, accroître l’activité de greffe de face en collaboration avec le CHU d’Amiens, développer les greffes de la paroi abdominale, du larynx et de la trachée.

L’équipe lyonnaise souhaite autonomiser l’activité des greffes composites au sein du Service de Transplantation et d’Immunologie Clinique, une activité qui pourrait s’intégrer dans le cadre plus large d’un Institut Hospitalo Universitaire de la Transplantation.

Source : CHU de Lyon

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9 février 2010