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10 ans après la catastrophe d’AZF : le point sur l’état de santé des victimes

Dix ans après l’explosion de l’usine « AZF », la CPAM et l’InVS ont fourni  des éléments épidémiologiques sur l’impact sanitaire de l’explosion à moyen terme à partir des derniers résultats du suivi des 3 006 volontaires de la cohorte santé AZF. Résultats de la surveillance : un impact durable sur la santé mentale et sur l’audition.

A court terme, les conséquences sanitaires des rejets toxiques dans l’environnement se sont révélées minimes. En revanche, les pertes auditives et les conséquences sur la santé mentale prédominaient dans les populations, enfants ou adultes, habitants ou travailleurs. On observe notamment des proportions élevées de symptômes de stress post-traumatique (symptômes de type anxieux comme des cauchemars ou une hyper irritabilité) et des symptômes dépressifs plusieurs mois après la catastrophe. Il a été estimé à partir des bases de données de l’Assurance maladie, que près de 5 000 personnes ont débuté un traitement psychotrope dans les jours ayant suivi l’explosion alors qu’elles n’en prenaient pas auparavant.

On a de plus observé que 4 ans après l’explosion, 14 % des participants à la cohorte consommaient des anxiolytiques et 10 % des médicaments antidépresseurs. Cette consommation de médicaments antidépresseurs est d’autant plus fréquente que les personnes avaient été étaient proches du lieu de l’explosion. Les hommes qui se trouvaient à moins de 1,7 kilomètre du site lors de l’explosion étant trois fois plus nombreux à en consommer que ceux qui étaient à plus de 5 kilomètres, ce qui confirme le lien entre les deux phénomènes.

Par ailleurs, l’analyse des auto-questionnaires annuels montre que ces volontaires sont nombreux à déclarer encore un mal être plusieurs années après l’explosion. Trois ans après la catastrophe, 15 % des hommes et 22 % des femmes présentaient encore des symptômes de stress post traumatique. Cinq ans après la catastrophe, ces proportions étaient de 13 % et 18 %. Les symptômes dépressifs qui concernaient 34 % des hommes et 50 % des femmes en 2005 étaient respectivement de 42 % et 60 % en 2007.

Dans le domaine des troubles auditifs déclarés, les résultats montrent l’importance des acouphènes 5 ans après l’explosion (31 % chez les hommes et 24 % chez les femmes) et de l’hyperacousie (26 % et 35 %).

Ces résultats témoignent de la persistance des troubles après l’explosion, tant au niveau psychologique qu’auditif. Les résultats définitifs de l’évaluation des conséquences à moyen terme de l’explosion dans le domaine de la santé mentale et des troubles auditifs seront disponibles en 2012.

De septembre 2001 à juillet 2011, la CPAM a ouvert 11 618 dossiers pour des assurés déclarés comme victimes de l’explosion AZF, dont 7 827 au titre du risque maladie et 3 791 au titre d’un accident de travail. Les dépenses de soins, d’indemnités journalières dans le cadre d’arrêts de travail, de pensions d’invalidité ou de rentes d’accidents du travail des victimes d’AZF pris en charge par l’Assurance maladie représentent plus de 34,4 millions d’euros à fin janvier 2009.

Source : InVS

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20 septembre 2011